Le ministère de l’Intérieur refuse l’héritage aux ayants-droit des agents d’autorité

Abdelouafi Laftit ouvre une séance de concertations avec les partis politiques en vue de l'élaboration d'un nouveau code électoral, le samedi 2 août 2025.

Revue de presseLe ministère de l’Intérieur a définitivement suspendu la transmission héréditaire des postes d’agents auxiliaires d’autorité, une tradition pourtant ancrée depuis des décennies dans l’administration territoriale. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 05/06/2026 à 20h05

Le ministère de l’Intérieur a choisi de rompre définitivement avec une pratique ancestrale ancrée dans l’administration territoriale, en opposant une fin de recevoir catégorique aux demandes de compensation formulées par les descendants des agents auxiliaires d’autorité décédés. Selon des sources informées, les services centraux ont officiellement suspendu le processus de succession directe pour les postes de moqaddem et de cheikh, mettant ainsi un terme à une tradition de transmission héréditaire qui prévalait depuis plusieurs décennies. Cette décision marque une volonté de modernisation mais suscite une profonde inquiétude parmi les familles touchées, qui considéraient ces fonctions comme un filet de sécurité économique intergénérationnel, indique le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 6 et 7 juin.

Face à cette situation, la députée El Batoul Abladi a adressé une question écrite au ministre de l’Intérieur pour alerter sur le sort de nombreux agents ayant entamé leur carrière dès les années soixante-dix, aujourd’hui décédés ou en situation de vulnérabilité extrême. Elle souligne que de nombreuses veuves et orphelins se retrouvent désormais sans aucun soutien financier, sans revenus réguliers et privés d’une pension de retraite décente capable de préserver leur dignité. L’élue appelle à une révision urgente de cette mesure pour des impératifs professionnels et sociaux, arguant que ces familles possèdent une expertise unique, transmise de père en fils, particulièrement précieuse dans la gestion des provinces du Sud.

Parallèlement, la réorganisation des effectifs et le déploiement de ces agents dans le cadre du redécoupage territorial mené par le ministère ont accentué le malaise, notamment en milieu rural. Les agents locaux se disent profondément marginalisés et s’estiment délibérément exclus des revalorisations financières et des paniers de prestations sociales récemment octroyés par l’État. Cette détresse a trouvé un écho direct au Parlement à travers une autre interpellation adressée au ministre Abdelouafi Laftit par le groupement parlementaire du PJD, qui fustige l’absence de couverture sociale adéquate et le manque de perspectives pour cette catégorie de fonctionnaires, écrit Assabah.

Les griefs formulés par ces auxiliaires d’autorité mettent en lumière une précarité structurelle. Ils dénoncent la privation persistante d’allocations familiales, l’inexistence d’un régime de retraite garantissant un minimum de vie digne après de longues années de service dévoué, ainsi que la pénibilité de leurs missions quotidiennes accomplies dans des zones reculées et enclavées. Pour eux, le statut actuel fait office de barrière légale et administrative les empêchant de bénéficier des mêmes droits et avantages que leurs homologues exerçant en périmètre urbain, y compris en matière d’accès prioritaire au logement social.

En réaction à ce qu’elle qualifie de politique d’exclusion, la coordination nationale des agents d’autorité auxiliaires a lancé un appel pressant au chef du gouvernement. Elle fustige les récents accords du dialogue social, accusant les syndicats les plus représentatifs d’avoir ignoré leurs revendications légitimes. Dans un communiqué officiel, la coordination exprime la colère croissante de ses membres et exige l’adoption immédiate d’un statut fondamental propre à leur corps de métier, leur intégration formelle dans la fonction publique, une revalorisation substantielle de leur salaire de base, ainsi que des indemnités pérennes qui ne s’éteignent pas au moment du départ à la retraite. Ils réclament également des programmes de formation continue et l’intégration des titulaires de diplômes supérieurs dans des échelles de rémunération adaptées.

La coordination menace de recourir à une forme inédite de protestation en observant un boycott passif des directives administratives, afin de dénoncer l’arbitraire et la vision condescendante de certains responsables à leur égard.

Par La Rédaction
Le 05/06/2026 à 20h05