Un différend autour de l’indemnisation d’une exploitation agricole menace d’interrompre le déroulement de travaux d’aménagement urbain à Bouknadel, près de Salé, ce qui a nécessité l’intervention de la force publique pour faire appliquer une décision d’évacuation. Le litige concerne une parcelle de terre soulaliyate d’environ un hectare et demi abritant des vergers d’avocats et cinq logements, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 18 août. L’exploitant des lieux affirme que sa famille travaille ces terres depuis plusieurs générations. S’il ne s’oppose ni au transfert de propriété de la terre ni au bénéfice des relogements prévus, il réclame une compensation financière supplémentaire pour les arbres fruitiers qui sont sa principale source de revenus.
Face au refus d’accéder à sa demande, il s’est opposé à l’intervention du tracteur venu déraciner les arbres, un face-à-face qui a conduit à l’arrestation du père et de son fils. Le fils a ultérieurement été libéré, dans l’attente de la suite des procédures judiciaires, écrit Al Ahdath Al Maghribia.
Le projet immobilier en question, étendu sur 280 hectares cédés à la société Rabat Aménagement, après validation du Conseil de tutelle, entre dans le cadre de la résorption des bidonvilles à Bouknadel. Les autorités indiquent que les démarches légales d’expulsion et de dédommagement ont été scrupuleusement respectées. Selon Al Ahdath Al Maghribia, des échanges ont eu lieu durant plus de trois ans avec la famille concernée. Les montants dus pour le terrain, fixés à 130 dirhams le mètre carré, ainsi que les indemnités relatives aux constructions, aux puits, aux réseaux d’irrigation et aux arbres ont été mis à disposition. En outre, le père et trois de ses enfants se sont vu attribuer chacun un lot de terrain de 80 mètres carrés.
L’administration souligne que le refus d’évacuer bloque le déploiement des réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité, retardant l’accès à la construction pour plus de cent familles bénéficiaires. À ce jour, l’opération globale de relogement engagée depuis 2022 a permis de traiter près de 95% des situations, sans incident majeur, et a bénéficié à environ 5.000 familles. La résolution définitive de cette contestation repose désormais sur les conclusions du verdict d’un tribunal, dont dépend la reprise complète du chantier de développement urbain.




