Hydrogène vert: l’Américain KBR retenu pour le mégaprojet d’ammoniac vert d’ORNX à Laâyoune

Le Groupe OCP, en partenariat avec l’australien Worley, est sur le point de lancer deux projets d’ammoniac vert au Maroc.

Le Groupe OCP, en partenariat avec l’Australien Worley, lance deux projets d’ammoniac vert au Maroc.

Revue de presseLe Maroc accélère le développement de sa filière d’énergies propres dans ses provinces du Sud. Avec le soutien financier des États-Unis, la société ORNX Green Hydrogen a confié au groupe américain KBR et à son consortium technologique les études de pré-conception technique d’un complexe industriel majeur à Laâyoune, destiné à produire 560.000 tonnes d’ammoniac vert par an. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 17/08/2026 à 18h30

Dans la région de Laâyoune, au Sahara, l’ambition de développer une filière d’hydrogène vert d’envergure mondiale prend une tournure de plus en plus concrète. La société ORNX Green Hydrogen vient d’attribuer au géant américain de l’ingénierie KBR le contrat d’études de pré-conception technique, communément appelée Pre-FEED, pour son ambitieux complexe de production d’ammoniac à faible empreinte carbone, rapporte le magazine hebdomadaire Challenge.

Ce projet industriel intégré, véritable défi technologique et logistique, ambitionne de faire de Laâyoune un véritable hub international de l’énergie propre. Les chiffres clés de l’installation témoignent de son échelle monumentale: une capacité cible de production atteignant environ 560.000 tonnes d’ammoniac par an et alimentée par près de 900 mégawatts de capacité d’électrolyseurs. L’ensemble de la chaîne de valeur sera réuni sur une plateforme unique, combinant la captation de l’énergie solaire et éolienne, la dissociation des molécules d’eau pour fabriquer de l’hydrogène et la synthèse ultime de cet hydrogène en ammoniac. La situation géographique stratégique du sud marocain, caractérisée par un gisement exceptionnel en énergies renouvelables et par la proximité d’infrastructures portuaires modernes, vise directement les marchés d’exportation de molécules vertes.

Dans cette opération, KBR ne se contentera pas de mener les études d’architecture et de dimensionnement technologique, mais fournira également sa propre technologie brevetée de production d’ammoniac. L’ingénieur américain, qui s’appuie sur une solide expertise forgée à travers plus de 260 projets d’ammoniac à l’échelle globale, dirigera pour l’occasion un consortium de haut niveau. Ce groupement d’acteurs de premier plan réunit GE Vernova Electric Hydrogen et Terabase, qui apportent chacun une expertise pointue dans l’ingénierie des réseaux, la fabrication d’électrolyseurs de nouvelle génération et la modélisation de plateformes solaires, lit-on dans Challenge.

L’initiative bénéficie, en outre, d’un soutien politique et financier significatif outre-Atlantique. La U.S. Trade and Development Agency, soit l’agence américaine pour le commerce et le développement, a accordé une subvention de 5,7 millions de dollars pour financer cette étape cruciale du Pre-FEED, démarche dans laquelle KBR a joué un rôle déterminant d’accompagnement.

Sur le plan méthodologique, la phase de Pre-FEED constitue le filtre indispensable pour réduire au maximum les risques techniques, économiques et commerciaux avant d’engager les sommes colossales requises pour la construction. Cette phase précède l’ingénierie détaillée et la décision finale d’investissement. Même si aucun calendrier officiel n’a encore été arrêté pour le premier coup de pioche, cette avancée confirme la capacité du Maroc à attirer des capitaux internationaux et des technologies de rupture. En valorisant l’ammoniac vert, vecteur clé pour les engrais décarbonés, le transport maritime et le stockage d’énergie, le Royaume prépare méthodiquement la transformation du potentiel naturel du Sahara en une industrie de classe mondiale.

Par le360
Le 17/08/2026 à 18h30