Hydrogène vert: le Maroc arme son industrie

L’industrie marocaine s’apprête à faire de l’hydrogène vert le moteur de sa transition écologique.

Revue de presseFace aux exigences environnementales mondiales, l’industrie marocaine s’apprête à faire de l’hydrogène vert le moteur de sa transition écologique. Entre financements nationaux, partenariats internationaux et opportunités majeures pour des secteurs clés comme les engrais ou le ciment, le Royaume mobilise un impressionnant arsenal financier pour transformer son tissu productif d’ici 2030. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 12/08/2026 à 20h52

L’industrie marocaine s’apprête à franchir un cap décisif dans sa transition écologique en intégrant progressivement l’hydrogène vert comme levier majeur de décarbonation. «D’après un rapport conjoint élaboré par l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, le Fonds vert pour le climat et le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, le Royaume dispose déjà d’un vaste arsenal d’outils financiers structurés sur trois échelles distinctes: locale, régionale et internationale», relève le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 13 août.

À l’échelle nationale, des mécanismes concrets soutiennent les initiatives environnementales des entreprises. Le dispositif Green Invest de Tamwilcom offre, par exemple, des garanties couvrant jusqu’à quarante pour cent du coût des projets verts, avec un plafond de dix millions de dirhams par opération. De son côté, le programme Damane Istitmar a été élargi pour impulser les investissements industriels durables, apportant des garanties pouvant atteindre vingt millions de dirhams par projet.

Le marché marocain s’appuie également sur un secteur des obligations vertes particulièrement dynamique, encadré par les directives de l’Autorité marocaine du marché des capitaux et soutenu par la Société financière internationale. Les établissements bancaires locaux ainsi que leurs filiales de crédit-bail proposent une gamme diversifiée de crédits verts développés en partenariat avec de grands bailleurs de fonds internationaux tels que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque européenne d’investissement, l’Agence française de développement et la KfW allemande. À cela s’ajoute l’action sur le terrain d’acteurs majeurs comme Masen, l’AMEE, l’Iresen ou encore l’ONEE, qui accompagnent le déploiement des investissements verts.

Au niveau régional et international, l’Union européenne figure parmi les partenaires stratégiques de premier plan. Dans le cadre du partenariat vert signé en 2022, plusieurs programmes soutiennent la décarbonation industrielle marocaine, notamment l’Initiative nationale pour la décarbonation et l’industrialisation verte ainsi que le Fonds européen pour le développement durable Plus. Ces instruments visent à atténuer les risques liés aux investissements privés et publics tout en renforçant la compétitivité écologique des petites et moyennes entreprises. «Par ailleurs, les pays du Conseil de coopération du Golfe, en particulier les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, apportent des financements souverains substantiels aux infrastructures vertes marocaines, tirant parti de relations diplomatiques et commerciales historiques», lit-on dans L’Economiste.

Le soutien financier s’étend également aux mécanismes multilatéraux mondiaux, tels que le Fonds pour l’environnement mondial, le Mécanisme d’action pour l’atténuation et l’Initiative internationale pour le climat. Le Maroc tire profit des Fonds d’investissement climatiques, notamment du Fonds pour les technologies propres et du programme de décarbonation industrielle, tout en s’appuyant sur les financements accordés par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. À terme, des ressources complémentaires seront mobilisées via l’article six point deux de l’Accord de Paris. Le Royaume a d’ores et déjà conclu des accords bilatéraux avec la Suisse, la Norvège, Singapour et la Corée du Sud afin d’accélérer la transition énergétique de son tissu industriel grâce aux énergies renouvelables.

Tous ces mécanismes concourent à un objectif central: permettre à l’industrie nationale d’adopter l’hydrogène vert pour réduire massivement son empreinte carbone, un effort dont les besoins financiers sont évalués à deux milliards de dollars, soit environ 20 milliards de dirhams d’ici 2030. «La concrétisation de cette ambition nécessite toutefois l’aboutissement de plusieurs réformes réglementaires actuellement en cours d’élaboration», précise L’Economiste.

Trois secteurs industriels apparaissent comme les plus exposés aux exigences de décarbonation et les plus à même de saisir ces opportunités financières: les engrais, l’acier et le ciment. Dans le domaine des engrais, le groupe OCP fait figure de pionnier mondial en prévoyant de s’approvisionner en ammoniac cent pour cent vert à l’horizon 2030-2040. Cet engagement crée une demande nationale solide et prévisible à court terme, réduisant considérablement les risques d’écoulement pour les développeurs et attirant l’attention des investisseurs institutionnels.

Dans l’industrie cimentière, bien que l’hydrogène ne puisse pas remplacer intégralement l’énergie thermique des fours, il offre une alternative crédible aux combustibles fossiles les plus polluants, comme le coke de pétrole et le charbon, venant compléter les efforts de substitution thermique déjà engagés.

Par La Rédaction
Le 12/08/2026 à 20h52