Électricité: le chantier névralgique de son réseau de transport ouvert

Le Conseil de l'ANRE a approuvé à l’unanimité, lundi 20 décembre 2021 à Rabat, le Code du réseau électrique national de transport (CRENT).

L’électrification des campagnes marocaines touche à sa fin avec un taux d’accès frôlant les 100%. . DR

Revue de presse Alors que l’électrification des campagnes marocaines touche à sa fin, avec un taux d’accès frôlant les 100%, le Programme de développement des réseaux de transport franchit une étape stratégique. Selon le dernier bilan de la Banque africaine de développement, la priorité nationale se déplace désormais vers la consolidation des lignes à très haute tension, un prérequis indispensable pour transporter une production électrique en forte hausse et intégrer massivement les énergies renouvelables. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 12/08/2026 à 20h18

Alors que le Maroc touche au but dans son projet historique d’électrification rurale, le pays franchit un cap décisif dans la modernisation de ses infrastructures énergétiques. Le Programme de développement des réseaux de transport d’électricité et d’électrification rurale entre dans une phase éminemment stratégique, marquée par le déplacement des priorités opérationnelles.

Selon le dernier rapport d’exécution publié par la Banque africaine de développement à la fin du mois de juin 2026, si le volet lié au raccordement des campagnes affiche des résultats au-delà des prévisions, la consolidation des réseaux de transport à très haute tension constitue désormais le véritable nerf de la guerre. «Cette transition s’avère d’autant plus cruciale que le système électrique national fait face au défi majeur de l’intégration croissante des énergies renouvelables», écrit le quotidien Les Inspirations Eco du 13 août.

Salué par l’institution financière africaine, qui juge l’atteinte des objectifs de développement particulièrement satisfaisante, ce vaste chantier s’appuie sur une enveloppe globale de 352,33 millions d’euros. Ce montant est soutenu à hauteur de 243,85 millions d’euros par un prêt de la banque, le solde de 108,48 millions d’euros étant pris en charge par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable. L’ambition formulée dépasse largement la simple distribution du courant aux foyers. Elle vise avant tout à élever la capacité de transit de l’axe électrique national, à sécuriser l’approvisionnement des grands bassins de consommation et à rendre possible l’injection fluide des futures capacités de production solaire et éolienne.

Sur le terrain de la couverture rurale, le pari est quasiment gagné. À la clôture des travaux de ce volet en 2025, le programme a permis de raccorder 937 villages, devançant largement l’objectif initial fixé à 720 localités. Au total, près de 20 000 foyers supplémentaires ont été connectés au réseau national. Pour concrétiser ce déploiement, 1 261 kilomètres de lignes moyenne tension et 3 898 kilomètres de lignes basse tension ont été déployés, épaulés par la pose de 719 postes de transformation. «Avec un taux d’exécution de 122,95% sur le ciblage des ménages, le taux d’électrification rurale s’élève désormais à 99,91%, approchant de manière inédite la cible ultime de 100 %», souligne Les Inspirations Eco.

Si le chapitre de l’accès universel est presque clos, le chantier du transport d’électricité demande encore d’importants efforts. À ce jour, 433 kilomètres de lignes 400 kV en doubles ternes et faisceaux doubles ont été achevés, représentant un peu moins de la moitié de l’objectif final fixé à 881 kilomètres. Deux lignes à haute tension sont d’ores et déjà opérationnelles et une troisième touche à sa fin pour renforcer l’axe névralgique de la région Casablanca-Centre, tandis que les travaux progressent dans les provinces du Sud. Le retard est en revanche plus prononcé sur le réseau 225 kV, où à peine 0,2 kilomètre sur les 45 prévus est actuellement comptabilisé, bien que plusieurs marchés d’envergure soient en cours d’exécution.

La mise en œuvre de ces autoroutes de l’électricité n’est pas exempte d’obstacles techniques et administratifs. Le projet de ligne 225 kV reliant Laawamar à Oulad Haddou a notamment subi des perturbations en raison du désistement de l’entreprise adjudicataire et de contraintes topographiques imprévues, poussant les responsables à réviser le tracé et à retirer le tronçon du périmètre initial du programme. Plus globalement, la gestion des oppositions foncières et les procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique représentent des risques de retard récurrents. Pour contourner ces écueils, les équipes privilégient désormais des itinéraires contournant au maximum les zones habitées afin de minimiser l’impact sur les populations locales.

Cette accélération du volet transport répond à une urgence structurelle, le réseau sous-jacent enregistrant une sollicitation sans précédent. La puissance maximale de pointe a atteint 7 580 mégawatts, franchissant la barre prévisionnelle de 7 150 mégawatts, tandis que la demande énergétique globale s’établit à 49 077 gigawattheures. Dans le même temps, la part des énergies vertes dans le mix électrique national s’élève à 46,1%, en route vers la cible de 52%. «Pour permettre à cette électricité verte issue des parcs solaires et éoliens de circuler des zones de production vers les grands centres urbains et industriels, la montée en charge du réseau de transport constitue le prérequis absolu», note Les Inspirations Eco.

Sur le plan financier et social, le bilan demeure contrasté mais prometteur. La Banque africaine de développement a décaissé à ce jour 128,29 millions d’euros, soit un taux d’exécution financière de 52,61%. Du côté de l’emploi, le volet pérenne affiche un bilan positif avec 243 postes permanents créés, dépassant la prévision de 200 emplois, tandis que les recrutements temporaires s’établissent à 744 postes sur les 2 000 escomptés.

Au-delà des chiffres, la feuille de route marocaine confirme un virage stratégique irréversible: l’enjeu principal de la politique énergétique nationale n’est plus seulement d’apporter l’électricité dans chaque foyer, mais bien d’assurer la solidité, la flexibilité et la puissance du réseau qui alimentera l’économie de demain.

Par La Rédaction
Le 12/08/2026 à 20h18