Le Maroc a participé, au cours des six premiers mois de 2026, à des exercices militaires multilatéraux. Retour sur un premier semestre dense, qui dit autant sur les capacités des FAR que sur la place qu’occupe aujourd’hui le Royaume dans les dispositifs de défense collectifs.
Fleetex 250: le Maroc intégré à la plus grande revue navale de l’année
Le Maroc figure parmi les 20 pays participant à l’exercice naval multinational Fleetex 250, lancé le 16 juin depuis Hampton Roads, en Virginie, et conduit en Atlantique jusqu’au 29 juin.
L’exercice réunit 31 bâtiments de guerre, des aéronefs multinationaux et leurs équipages autour d’un programme couvrant la guerre anti-aérienne, la lutte anti-sous-marine et les opérations amphibies. Les autres pays participants sont la Belgique, le Brésil, le Canada, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, Chypre, le Danemark, la France, l’Allemagne, le Mexique, les Pays-Bas, la Norvège, le Pérou, le Sénégal, l’Espagne, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Les manœuvres se déroulent en deux phases. La phase portuaire, du 16 au 21 juin à la base navale de Norfolk, est consacrée à la planification finale, aux briefings pré-appareillage et à l’intégration des forces. La phase hauturière, du 22 au 29 juin, prévoit une série d’entraînements, une formation photo de la flotte et un exercice final en jeu libre face à un adversaire simulé. À l’issue de l’exercice, les unités participantes rejoindront New York pour la 7ème Revue navale internationale, du 3 au 8 juillet, dans le cadre des célébrations du 250ème anniversaire de l’indépendance des États-Unis.
ORION: la frégate Mohammed VI intégrée au groupe du Charles de Gaulle
La frégate multi-missions Mohammed VI a pris part à l’exercice ORION 26, qui s’est déroulé du 8 février au 30 avril, aux côtés du groupe aéronaval français constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle.
Lors de la participation de la frégate multi-missions Mohammed VI à l’exercice militaire ORION 26.
Intégrée à l’escorte du porte-avions, la frégate a participé durant une quinzaine de jours à une série d’exercices en Méditerranée puis en Atlantique, dans des conditions météorologiques sévères. ORION vise à entraîner les forces à planifier et conduire des opérations dans tous les milieux (terre, mer, air, cyber, espace et informationnel) dans un contexte de haute intensité, avec expérimentation de technologies nouvelles parmi lesquelles les drones, l’intelligence artificielle et les moyens de brouillage.
Outre le Maroc et la France, la coalition réunit l’Allemagne, la Belgique, le Brésil, le Canada, la Corée du Sud, l’Estonie, les États-Unis, la Croatie, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Japon, la Norvège, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, le Qatar, la Roumanie, le Royaume-Uni, Singapour et la Suisse.
African Lion: une 22ème édition record
La 22ème édition de l’exercice African Lion s’est tenue du 20 avril au 8 mai. Plus de 5.000 militaires issus de plus de 40 pays partenaires ont pris part à 18 jours de manœuvres déployées simultanément dans les régions d’Agadir, Benguerir, Kénitra, Taroudant, Dakhla et Tan-Tan.
L’exercice African Lion 2026 se poursuit avec une intensification des entraînements conjoints (DVIDS). U.S. Army Southern European Task
Le scénario central simulait une menace ennemie visant les forces alliées au niveau du Cap Draa. Une défense ferme suivie d’une contre-offensive a été conduite sous le contrôle du centre opérationnel conjoint d’Agadir, avec l’appui de l’aviation et de la marine et l’intégration de technologies émergentes. Un exercice de réponse à une attaque aux armes de destruction massive dans un stade de football a également été conduit, associant des unités du génie des FAR et de la garde nationale de l’Utah.
Les échanges ont couvert le domaine opérationnel et le volet médico-social, avec des prestations médicales, vétérinaires et sociales dispensées à Dakhla et dans la région de Taroudant.
Obangame Express: sécurité maritime en Afrique de l’Ouest
Le Maroc a participé à l’exercice Obangame Express 2026, déployé du 13 avril au 1er mai sur le littoral ouest-africain, sous l’accueil du Cameroun. Parrainé par l’USAFRICOM et conduit par la sixième flotte américaine, l’exercice a réuni 31 nations parmi lesquelles l’Angola, la Belgique, le Brésil, le Sénégal, la France, l’Italie, le Nigeria et la Tunisie.
Les forces participantes ont travaillé sur les tactiques combinées d’application de la loi maritime, les procédures d’arraisonnement, de fouille et de saisie en mer, ainsi que sur la coordination opérationnelle entre forces américaines, partenaires africains et partenaires multinationaux.
Kurtaran: le Maroc observateur des procédures de secours sous-marin en Turquie
Des officiers et observateurs marocains ont pris part à l’exercice Kurtaran-2026, organisé du 15 au 21 avril à Aksaz, en Turquie. Les activités, consacrées au secours de sous-marins en détresse, se sont déroulées en parallèle avec l’exercice de poste de commandement de l’OTAN Dynamic Minotaur-2026, dédié à la recherche et au sauvetage de sous-marins.
Le scénario reposait sur la simulation d’un sous-marin ayant perdu sa capacité à faire surface, avec localisation du bâtiment, acheminement d’un soutien vital et évacuation sécurisée du personnel. Les participants ont conduit des entraînements techniques destinés à éprouver les procédures de secours en mer.
Au cœur des «Spears of victory»
Le Maroc a également participé, du 18 janvier au 5 février 2026, à l’exercice aérien multinational «Lances de la victoire», organisé au Centre de guerre aérienne du secteur oriental, en Arabie saoudite.
Ces manœuvres mobilisent l’ensemble des composantes des forces armées saoudiennes aux côtés du ministère de la garde nationale, de la présidence de la sécurité de l’État et du commandement militaire unifié du Conseil de coopération du Golfe.
Quinze États partenaires y ont pris part, parmi lesquels Bahreïn, le Bangladesh, la France, la Grèce, l’Italie, la Jordanie, la Malaisie, le Pakistan, le Qatar, Oman, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Le programme a inclus des opérations aériennes de précision, des manœuvres interarmées, des scénarios tactiques combinés, des modules académiques spécialisés et des volets consacrés à la guerre électronique et à la sécurité numérique.
Interopérabilité, diversité, influence
En moins de six mois, les Forces armées royales ont enchaîné les engagements multilatéraux, sur des théâtres et dans des formats forts différents. Une cadence qui témoigne d’un engagement réel. On retient d’abord une diversité des partenaires. Sur le plan capacitaire, les FAR ont opéré en 2026 dans des environnements de haute intensité simulée, avec des missions exigeantes, qui supposent un niveau d’interopérabilité réel avec des partenaires aux standards très élevés.
Sur le plan politique, le Maroc est le seul pays africain à figurer dans les deux grands exercices organisés cette année par les États-Unis de part et d’autre de l’Atlantique. Un détail qui en dit long sur la place qu’occupe le Royaume dans les calculs stratégiques de Washington, et, plus largement, sur la position que les FAR ont su construire au fil des années dans les dispositifs militaires multilatéraux.

















