Débauchage, alliances... Les partis de la coalition se lancent dans la bataille du positionnement électoral

Abdellatif Ouahbi (PAM), Aziz Akhannouch (RNI) et Nizar Baraka (Istiqlal), signent la Charte de la majorité, à la constitution d'un gouvernement de coalition entre ces trois partis, le 6 décembre 2021, à Rabat.

Revue de presseLe phénomène du «nomadisme politique», pourtant interdit par la charte d’éthique signée par les partis politiques de la coalition gouvernementale, refait surface à la veille des élections législatives de septembre 2026. Un phénomène qui prend de l’ampleur à l’intérieur même des partis de la coalition, fait remarquer le quotidien Assabah dont est tirée cette revue de presse.

Le 27/04/2026 à 19h39

En vue des élections législatives de septembre prochain, des leaders de partis politiques de la coalition gouvernementale -le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de l’Istiqlal (PI)-, viennent de contrevenir aux règles de la charte d’éthique qu’ils avaient pourtant signée, et qui avait été validée par la présidence tripartite de la majorité gouvernementale, en vue de «moraliser la vie politique».

L’interdiction qui y avait été notifiée du «nomadisme politique» n’a donc pas résisté aux appétits électoraux des uns et des autres parmi les partis de la majorité gouvernementale, relaie Assabah de ce mardi 28 avril. Bien plus, indique le quotidien, des partis politiques de la coalition gouvernementale sont entrés dans une course pour débaucher des candidats potentiels auprès de leurs alliés de la même majorité, afin de conduire des listes électorales dans des circonscriptions locales.

Selon les sources du quotidien, des députés auraient été approchés par des leaders des partis de la même coalition gouvernementale en vue de défendre leur parti pour les scrutins de septembre 2026. C’est le cas «du Parti authenticité et modernité, qui auraient ouvert des canaux de communication avec des députés du Rassemblement national des indépendants, en vue qu’ils rallient le PAM et vice-versa», affirme Assabah, qui ajoute que «le Parti de l’Istiqlal aurait chargé un leader expérimenté dans ses circuits organisationnels de mener les négociations avec des députés du RNI et du PAM, afin de les faire rejoindre l’Istiqlal, tout particulièrement dans certaines circonscriptions électorales locales où ce parti ne serait pas suffisamment implanté».

Ces opérations de débauchage ne concernent pas uniquement «des députés du Parlement, mais ciblent aussi des présidents de communes dans les régions, où ils disposent d’importants fiefs électoraux qui pourraient faire toute la différence le jour du vote», écrit le quotidien, dont les sources citent les provinces de Tanger, Kénitra, Khémisset, Sidi Slimane et Sidi Kacem, où «certains présidents de communes rurales auraient déjà changé d’appartenance politique et d’autres attendent le moment opportun pour l’annoncer».

Assabah avertit donc qu’à ce rythme, «les appareils organisationnels des partis politiques formant la coalition gouvernementale seront secoués par des crises sismiques, provoquant d’ici le prochain rendez-vous électoral de septembre 2026, un bouleversement majeur dans le paysage politique».

Par La Rédaction
Le 27/04/2026 à 19h39