Le député de l’Istiqlal Moudiane condamné en appel à six mois ferme pour diffamation

Nourdin Moudian, président du groupe parlementaire de l'Istiqlal.

Noureddine Moudiane, député du parti de l’Istiqlal.. DR

Revue de presse La cour d’appel d’Al Hoceima a confirmé, ce jeudi, le jugement rendu en première instance à l’encontre de Noureddine Moudiane, député du parti de l’Istiqlal. Il est désormais frappé d’une peine de six mois d’emprisonnement ferme pour des faits de diffamation à l’égard de sa camarade militante, Rafia El Mansouri. Une décision lourde de conséquences, puisqu’elle le rend inéligible aux prochaines élections législatives du 23 septembre. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 23/04/2026 à 17h32

La Cour d’appel d’Al Hoceima a entériné, ce jeudi, la décision rendue en première instance condamnant Noureddine Moudiane, parlementaire istiqlalien, à six mois d’emprisonnement ferme dans une affaire de diffamation l’opposant à Rafia El Mansouri, militante du même parti. Dans la plainte qu’elle a déposée, cette dernière a exposé qu’elle entretenait avec Moudiane une relation relevant du cadre partisan, en sa qualité de président du groupe parlementaire de l’Istiqlal. Elle l’accuse d’avoir tenu des «propos attentatoires à sa dignité», l’injuriant et la diffamant, affirmant avoir «subi des interruptions volontaires de grossesse à la suite de relations sexuelles qu’elle aurait eues avec lui», rapporte Al Akhbar de ce vendredi 24 avril.

Bien plus, ajoute la plaignante, le mis en cause ne s’est pas arrêté à ces allégations diffamatoires. Il l’aurait, selon elle, fait chanter à l’aide de vidéos où elle apparaît «nue dans des situations compromettantes», tout en insultant ses sœurs «qu’il traitait de catins se livrant à la prostitution». Elle l’accuse également de l’avoir menacée de publier ces enregistrements sur les réseaux sociaux, de les diffuser et de nuire à sa réputation si elle ne cédait pas à ses exigences.

Mansouri affirme que Moudiane se présente comme son mentor, allant jusqu’à prétendre qu’«elle n’aurait jamais existé en tant que femme politique sans lui». Toujours selon son récit, le député istiqlalien aurait usé de son autorité politique au sein du parti pour l’exclure de toutes les instances partisanes. Il lui est également reproché d’avoir adressé des courriers aux appareils de l’État afin de discréditer sa réputation dans la province d’Al Hoceima, où elle s’était portée candidate aux élections sous la bannière de l’Istiqlal. Enfin, elle souligne que

Moudiane soutiendrait que le mérite des postes électifs qu’elle a occupés lui revient, exigeant qu’elle lui restitue les indemnités perçues à ce titre.

Avec cette condamnation à six mois de prison ferme, le député istiqlalien —qui aura siégé plus de trente ans dans l’hémicycle— perd son éligibilité pour les prochaines élections législatives prévues le 23 septembre, conformément aux nouvelles dispositions de la loi organique de la Chambre des représentants.

Cette loi, validée par la Cour constitutionnelle, stipule que toute personne condamnée en première instance et en appel pour un délit devient inéligible et ne peut se porter candidate à la chambre des représentants. Les mêmes textes interdisent toute candidature à quiconque a écopé d’une peine d’emprisonnement ferme supérieure à trois mois, ou d’une peine supérieure à six mois avec sursis.

Par Hassan Benadad
Le 23/04/2026 à 17h32