Consultations médicales: le fossé se creuse entre les remboursements et les prix pratiqués dans les cabinets et les cliniques

Le ministre de la Santé, Amine Tahraoui.

Le ministre de la Santé, Amine Tahraoui.

Revue de presseFace à la hausse soudaine de près de 25% des prix des consultations dans les cabinets médicaux et les cliniques privées, la députée socialiste Hayat Laraichi a interpellé le ministre de la Santé, et dénonce une décision «unilatérale» qui fragilise le pouvoir d’achat des patients, contredit l’objectif de généralisation de la protection sociale et élargit dangereusement l’écart entre les tarifs de référence des caisses d’assurance-maladie et les honoraires pratiqués. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 04/05/2026 à 17h35

La députée de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Hayat Laraichi, a interpellé le ministre de la Santé au sujet des répercussions des augmentations récurrentes des tarifs des consultations médicales dans le secteur privé, qui viennent de bondir de près de 25% en une seule fois. Elle a qualifié cette démarche «d’unilatérale», soulignant qu’elle affecte directement le pouvoir d’achat des patients et s’inscrit en faux devant les orientations ayant eu pour objectif de généraliser la protection sociale et faciliter l’accès aux soins.

Hayat Laraichi a indiqué que l’écart ne cessait de se creuser entre la tarification de référence adoptée par les caisses d’assurance maladie et les tarifs concrètement appliqués dans le privé, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 5 mai. Elle a appelé à connaître les mesures que le ministère de la Santé entend entreprendre, afin de réguler les prix des consultations médicales dans les cabinets médicaux et les cliniques privées, et de garantir l’application des tarifications légales.

La députée a également plaidé pour une accélération de la révision de la tarification de référence, de manière à trouver un équilibre entre les droits des malades et les intérêts légitimes des professionnels de santé. Elle a de plus insisté sur le renforcement des mécanismes de contrôle et de suivi pour mettre un terme à ces hausses, qu’elle assimile à une «hémorragie du pouvoir d’achat». Selon Hayat Laraichi, ces pratiques placent de véritables défis devant le chantier de la réforme du système de santé et la réalisation d’un accès équitable aux soins médicaux.

Il convient de rappeler que ces augmentations, décidées par certains médecins, génèrent des coûts supplémentaires supportés seuls par les patients, en raison de la prise en charge limitée par l’assurance maladie. Elles grèvent ainsi davantage les budgets des familles, et plus particulièrement ceux des catégories à revenus modestes ou moyens.

La tarification de référence –le montant de base servant au calcul des indemnités de soins et d’hospitalisation– remonte à 2006, et aurait dû être révisée il y a trois ans. Or, «les dépenses médicales, biologiques et chirurgicales dans les cliniques privées connaissent une hausse considérable, des écarts de valeur importants, et parfois des estimations anarchiques. Les tarifs pratiqués dans le privé dépassent de loin la valeur de référence sur laquelle se fonde la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour couvrir une partie des coûts d’hospitalisation et de soins», indique Al Ahdath Al Maghribia.

Un rapport de la Cour des comptes avait déjà souligné la faiblesse des montants remboursés aux patients, principalement due à l’absence de renouvellement des accords fixant la tarification nationale de référence, ainsi qu’à l’insuffisance de la réglementation face à l’offre de soins dans les cabinets et les cliniques relevant du secteur privé.

Par Hassan Benadad
Le 04/05/2026 à 17h35