Entre dentistes et charlatans arracheurs de dents, la loi est formelle

Chez un dentiste.. DR

Revue de presseUn projet de loi visant à réguler la profession de prothésiste dentaire relance un conflit de longue date entre les dentistes libéraux et les fabricants de prothèses, chacun campant sur ses positions. Alors que les premiers y voient une menace pour la santé publique, les seconds dénoncent une volonté d’exclusion et réclament une reconnaissance officielle de leur métier. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 26/04/2026 à 19h07

Un nouveau bras de fer oppose les dentistes libéraux aux prothésistes et poseurs de prothèses dentaires, ravivant un débat récurrent sur les limites légales de leurs compétences respectives. La tension est montée d’un cran après qu’un groupe de l’Union marocaine du travail (UMT) au sein de la Chambre des conseillers a appelé à l’adoption d’une loi spécifique encadrant la profession de prothésiste dentaire, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 27 avril. Une proposition qui a immédiatement suscité une vive réaction de la Fédération nationale des syndicats des dentistes libéraux du Maroc, dénonçant une tentative de «légaliser le chaos» et de «saper la sécurité sanitaire des citoyens».

Lors d’une séance de questions orales en présence du ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, les représentants de l’UMT ont plaidé pour une régulation claire de cette activité, arguant de la nécessité de clarifier le cadre juridique. Une position que les dentistes libéraux rejettent catégoriquement, estimant que le dahir de 1960 en vigueur ne saurait justifier une extension des prérogatives des prothésistes, «une catégorie dépourvue des qualifications médicales requises pour exercer la médecine dentaire». La Fédération n’a pas hésité à inscrire ce débat dans un «contexte politique», suggérant que l’ouverture de ce dossier à l’approche des élections législatives répond à des «calculs électoralistes», au détriment d’une réforme structurelle du secteur.

En réponse, la Fédération appelle à accélérer l’adoption de la loi 25.14, qu’elle présente comme «la solution intégrée» pour organiser la profession et en encadrer strictement l’exercice. Elle met en garde contre toute velléité de «marchandisation» du secteur ou d’ouverture à des investissements non régulés, «au risque de compromettre la qualité des soins». Pour appuyer ses revendications, la Fédération menace de recourir à des «mesures escalatoires», incluant des sit-in et des actions en justice, pour dénoncer «l’incurie gouvernementale» face à ce qu’elle qualifie d’«empiètement» sur sa profession.

De leur côté, les prothésistes et poseurs de prothèses dentaires rejettent ces accusations, les qualifiant de «vision excluante» et «déconnectée des réalités du secteur», a-t-on pu lire dans Al Akhbar. Ils réfutent tout lien entre leurs revendications et le calendrier électoral, soulignant que «la Chambre des conseillers n’a aucun rapport avec les élections syndicales». Pour eux, l’utilisation du terme «prothésiste et poseur de prothèses dentaires» dans les débats en cours constitue «une reconnaissance implicite de leur métier», d’autant que cette appellation figure déjà dans le dahir de 1960, qu’ils considèrent comme «la base légale de la légitimité de leur activité».

Par La Rédaction
Le 26/04/2026 à 19h07