Algérie: comment le fils Tebboune orchestre ses attaques numériques contre le Maroc

L'opposant algérien Amir DZ.

L'opposant algérien Amir DZ.

Revue de presseUn opposant algérien révèle l’existence d’un réseau organisé de désinformation piloté depuis la présidence, visant notamment Rabat. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 24/04/2026 à 20h14

L’opposant algérien Amir DZ a récemment levé le voile sur les «fermes à mouches électroniques» algériennes, des réseaux structurés utilisant des comptes fictifs ou automatisés sur les réseaux sociaux pour cibler le Maroc. Selon ses déclarations, rapportées par le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 25-26 avril, ces opérations seraient directement supervisées depuis le palais présidentiel algérien. «Le fils du président Abdelmadjid Tebboune lui-même supervise personnellement ces fermes, dans le but d’orienter l’opinion publique, de propager des rumeurs et de lancer des campagnes de dénigrement systématiques, principalement dirigées contre le Maroc ou pour salir l’image de certaines personnalités et entités», a-t-il affirmé.

Amir DZ précise que cette cellule, baptisée «cellule de défense des intérêts de l’Algérie», est intégrée à la Direction générale de la communication au troisième étage du siège de la présidence. Elle comprend six salles et emploie une quinzaine de personnes, dont des experts en cybercriminalité. «L’accès à ces fermes est strictement contrôlé, au point que même certains employés de la présidence n’y sont pas autorisés. Un décret présidentiel non publié déterminerait la liste des personnes habilitées à y pénétrer», ajoute-t-il.

La mission principale de cette cellule consiste à orchestrer des campagnes numériques via les réseaux sociaux, en signalant des contenus, en lançant des opérations de diffamation, en ciblant des voix dissidentes et en influençant les débats publics. Pour ce faire, elle s’appuie sur des milliers de comptes fictifs, estimés à environ 7.344, majoritairement destinés à viser les Marocains afin d’élargir son influence et de renforcer sa présence virtuelle.

Sur le plan technique, la cellule utilise des équipements de pointe, dont un grand nombre de smartphones, et des systèmes sophistiqués pour gérer les comptes, comme la synchronisation automatique, la rotation des adresses IP et le masquage des identités via des réseaux privés. «Les fermes algériennes reposent sur des serveurs et des systèmes d’exploitation basés sur Linux, permettant un fonctionnement continu et intensif 24 heures sur 24, ainsi que l’utilisation d’algorithmes et de scripts pour automatiser les opérations numériques», détaille Assabah. La structure technique mise en place inclut un déploiement massif de matériel connecté à des serveurs centraux, ainsi que des techniques avancées pour échapper à la détection, comme le changement régulier des adresses de connexion et le camouflage des identités numériques, réduisant ainsi les risques de suspension des comptes par les plateformes.

Le même rapport souligne que cette cellule secrète opère en continu, avec trois équipes se relayant toutes les huit heures. Chacune d’elles est chargée d’établir des rapports réguliers sur les activités numériques, de surveiller les publications des opposants et d’analyser les interactions. Amine DZ établit par ailleurs un lien entre l’activité de cette cellule et l’augmentation du budget de la présidence algérienne. Une hausse qui, selon lui, expliquerait le renforcement des moyens techniques dédiés à ces opérations.

Par La Rédaction
Le 24/04/2026 à 20h14