La Confédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc a imputé l’entière responsabilité de la persistance des dysfonctionnements affectant le secteur du médicament au ministère de la Santé. Dans un communiqué cinglant, elle estime que cette situation met directement en péril la sécurité pharmaceutique et sanitaire des citoyens, faute de mise en œuvre des réformes convenues depuis plusieurs années.
L’abandon de ces chantiers a conduit à la pérennisation de crises structurelles: chaînes de distribution perturbées, marges bénéficiaires obérées et conditions d’exercice des officines fragilisées. À ces maux s’ajoute l’inadaptation persistante de l’arsenal juridique, tant sur le plan national qu’international, rapporte Al Akhbar de ce week-end (25 et 26 avril).
Cette montée en tension intervient en réaction à une déclaration du ministre de la Santé devant la Chambre des représentants, où il affirmait que la méthodologie de réforme du secteur pharmaceutique repose sur une approche participative, et que toute évolution s’inscrirait dans un cadre de dialogue et de concertation avec les pharmaciens. Or, pour la Confédération, ce discours ne reflète guère la réalité: les échanges sur le terrain se limiteraient à des «rencontres sélectives» avec des instances peu représentatives, sans implication effective des différentes composantes de la profession.
Le syndicat rappelle que les diverses formes de protestation ont néanmoins permis d’obtenir une clarification politique sur plusieurs sujets de divergence, au premier rang desquels l’ouverture du capital des pharmacies. Le communiqué souligne que la Confédération se dit attachée à la déclaration faite par le ministre de tutelle devant le Parlement, lorsqu’il a franchement admis que «la recommandation relative à l’ouverture du capital des pharmacies ne figure ni dans le programme gouvernemental, ni dans le programme ministériel».
Le même document met en garde contre l’enlisement de plusieurs dossiers vitaux tels que la révision des tarifs des médicaments, l’actualisation des lois organiques de la profession et l’amélioration des conditions de distribution qui risquent d’accentuer la fragilité de nombreuses pharmacies. Une vulnérabilité qui touche particulièrement les zones rurales et périurbaines, confrontées à des difficultés financières croissantes, pouvant aller jusqu’à la fermeture de leurs officines.
En conclusion, la Confédération affirme que le sauvetage du secteur pharmaceutique exige une authentique volonté politique, plaçant l’intérêt du citoyen au cœur de ses priorités, relaie Al Akhbar. Pour ce faire, elle appelle à accélérer la mise en œuvre des réformes ayant fait l’objet d’accords, à dépasser la logique de l’atermoiement et de la sélectivité et à réaliser un équilibre durable entre la pérennité des pharmacies et la qualité des services de santé.




