À Genève, le Maroc plaide pour une réforme ambitieuse du système onusien des droits de l’Homme

El Habib Belkouch lors de la 62e session du Conseil des droits de l’Homme, le 23 juin au Palais des Nations à Genève.

Le 23/06/2026 à 16h15

VidéoEn marge des travaux de la 62ème session du Conseil des droits de l’Homme, tenus au Palais des Nations, siège de l’ONU à Genève, le Maroc a réaffirmé ce mardi 23 juin son engagement en faveur du renforcement du système international des droits humains. Une position portée par le délégué interministériel aux droits de l’Homme, El Habib Belkouch, à l’issue d’une matinée marquée par une participation active à une rencontre consacrée à la présentation des conclusions du «Dialogue de Glion 11».

Placée sous le thème «Pékin après 30 ans: mobilisation du système des droits de l’Homme des Nations Unies pour progresser vers l’égalité de genre et la pleine jouissance des droits des femmes et des filles», cette réunion a été l’occasion pour le Maroc de partager son expérience et ses propositions en matière de gouvernance des droits humains à l’échelle internationale.

Dans une déclaration pour Le360, El Habib Belkouch a souligné l’importance stratégique de la participation aux travaux du Conseil des droits de l’Homme, rappelant que ces espaces constituent des plateformes essentielles pour suivre les évolutions tant au niveau national qu’international. Il a notamment mis en avant la contribution du Maroc à travers l’organisation à Rabat d’un colloque international consacré aux 20 ans de l’Examen périodique universel (EPU), qualifié de première initiative du genre à l’échelle mondiale.

Selon lui, cette rencontre a permis de formuler des recommandations concrètes visant à améliorer l’efficacité de l’un des mécanismes de reddition des comptes les plus performants du système onusien. «Il ne s’agit pas d’un événement isolé, mais d’une étape inscrite dans une stratégie globale visant à renforcer et rationaliser les mécanismes internationaux des droits de l’Homme», a-t-il expliqué.

Dans cette perspective, le responsable marocain a évoqué la préparation d’un prochain rendez-vous international dédié à l’évaluation des différentes composantes du système onusien, qu’il s’agisse des procédures spéciales — rapporteurs et groupes de travail — ou des mécanismes conventionnels. L’objectif étant de réfléchir à une meilleure cohérence institutionnelle, dans un contexte marqué par la multiplication des mécanismes et parfois des redondances thématiques, notamment dans des domaines comme les droits de l’enfant.

El Habib Belkouch a également insisté sur le contexte international actuel, qu’il qualifie de «période de crise», estimant qu’il constitue paradoxalement une opportunité pour impulser des réformes ambitieuses. «Sortir de la crise suppose de tracer des perspectives positives, de consolider les acquis et de renforcer la place des droits de l’Homme face aux remises en cause observées dans plusieurs régions du monde», a-t-il affirmé.

Par ailleurs, il a mis en exergue l’expérience marocaine en matière de mécanismes nationaux de suivi et de mise en œuvre des recommandations internationales. Présentée comme un modèle en développement au niveau international, cette approche suscite un intérêt croissant de la part de plusieurs pays. «Des États comme la Corée, les Pays-Bas ou encore les Émirats arabes unis ont manifesté leur intérêt pour l’expérience marocaine et engagé des échanges pour s’en inspirer», a-t-il précisé.

Pour le délégué interministériel, ces mécanismes nationaux représentent l’avenir de l’action en matière de droits humains, dans la mesure où ils permettent de passer de la formulation des recommandations à leur mise en œuvre effective. «C’est à ce niveau que se joue la concrétisation réelle des droits de l’Homme», a-t-il conclu.

Il a également souligné que cette thématique figurait parmi les sujets les plus marquants présentés lors du forum de Glion, auquel le Maroc a contribué l’année dernière, confirmant ainsi sa volonté de participer activement aux débats structurants sur l’avenir du système international des droits de l’Homme, tout en valorisant ses propres avancées et en plaidant pour une gouvernance plus efficiente et cohérente.

Par Wadie El Mouden
Le 23/06/2026 à 16h15