Le chanteur Saad Lamjarred a été incarcéré aux premières heures de ce samedi 26 septembre au centre pénitentiaire de Fresnes, situé dans le Val-de-Marne, au sud de Paris. Cette détention fait suite à la décision de la cour d’appel de Créteil l’ayant condamné à dix ans de prison ferme pour viol et violences aggravées, assortie d’un mandat d’arrêt immédiat.
Le complexe assure des fonctions de détention provisoire, d’accueil et d’évaluation. Il réunit une maison d’arrêt pour hommes, un quartier pour femmes et accueille des prévenus ainsi que des condamnés à de courtes peines ou en attente d’affectation définitive.
Le choix de Fresnes pour l’incarcération de Saad Lamjarred tient à sa position parmi les principaux établissements pénitentiaires de la région parisienne. Contrairement à une idée répandue, l’établissement n’est pas réservé aux détenus classés parmi les plus dangereux.
L’affaire remonte à octobre 2016 dans un hôtel parisien, à la suite des accusations portées par Laura Prioul. Condamné en première instance en 2023 à six ans de réclusion par la cour d’assises de Paris, l’artiste a vu sa peine alourdie à dix ans en appel. Il fait par ailleurs l’objet d’une procédure distincte pour des faits survenus à Saint-Tropez durant l’été 2018. Condamné en première instance à cinq ans de prison dans cette affaire, il a fait appel de cette décision.
Architecture et capacités d’accueil
Érigé entre 1895 et 1898 selon les plans de l’architecte Henri Poussin, afin de pallier la vétusté des anciennes prisons parisiennes, le centre pénitentiaire de Fresnes a été mis en service en juillet 1898. Sa conception selon le modèle architectural dit «Téléphone» — structuré autour d’un couloir central desservant plusieurs bâtiments parallèles — est devenue par la suite une référence internationale en matière d’ingénierie pénitentiaire. L’ensemble regroupe trois bâtiments pour hommes, un quartier pour femmes, l’Établissement public de santé national de Fresnes (EPSNF), le Centre national d’évaluation (CNE) ainsi que des unités sous régime de semi-liberté.
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L’établissement demeure toutefois confronté à une surpopulation chronique. Alors que sa capacité théorique est fixée à 1.300 places, son taux d’occupation a dépassé à plusieurs reprises les 200%. Dans son dernier rapport, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) faisait état d’un taux d’occupation de 171% dans le quartier des hommes, tout en pointant la dégradation continue des conditions d’hébergement et des infrastructures.
Comme de nombreuses prisons françaises, l’établissement est également confronté à l’introduction clandestine de téléphones portables, de stupéfiants et d’autres objets prohibés, notamment par projections depuis l’extérieur ou, plus récemment, à l’aide de drones. Des travaux de rénovation et de sécurisation ont été engagés afin de moderniser les équipements et d’améliorer les conditions de détention, tout en tenant compte des contraintes architecturales d’un ensemble pénitentiaire construit à la fin du 19ème siècle.
Cette incarcération à Fresnes marque une nouvelle étape dans le parcours judiciaire français de Saad Lamjarred, initié il y a près d’une décennie. En octobre 2016, l’artiste effectue une première période de détention provisoire à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, avant d’obtenir sa libération sous contrôle électronique en avril 2017. À l’automne 2018, mis en cause dans le second dossier du Sud de la France, il est de nouveau placé en détention provisoire entre les centres pénitentiaires de Draguignan et de Luynes, près d’Aix-en-Provence, puis libéré sous caution.
En février 2023, à la suite de sa condamnation en première instance à six ans de réclusion par la cour d’assises de Paris, il est écroué dans une cellule individuelle de la prison de La Santé. Il y séjourne jusqu’en avril 2023, date à laquelle il bénéficie d’une mise en liberté provisoire dans l’attente du procès en appel. Le samedi 26 septembre 2026, l’arrêt rendu par la cour d’appel de Créteil portant sa peine à dix ans de prison ferme avec exécution provisoire entraîne son transfert immédiat vers le centre pénitentiaire de Fresnes.










