L’affaire qui oppose la pop star marocaine Saad Lamjarred à Laura Prioul est-elle sur le point d’aboutir à un dénouement? La chose est fort probable à l’heure où s’ouvre à Créteil, en région parisienne, le procès en appel initialement prévu en juin 2025.
Les raisons de ce report éclairent sur la complexité de l’affaire qui oppose les deux parties car c’est afin de conduire des investigations supplémentaires que le procès en appel a dû être repoussé à ce jour.
De rebondissement en rebondissement
Le chanteur de 41 ans qui comparaît libre sous contrôle judiciaire doit être jugé devant la Cour d’assises d’appel de Créteil, jeudi 17 septembre, après une condamnation en 2023 à six ans de prison par la Cour d’assises de Paris pour le viol de Laura Prioul.
Celui-ci conteste avoir eu une relation sexuelle avec la jeune femme qui était âgée de 20 ans à l’époque des faits. Il reconnaît en revanche l’avoir «brutalement poussé au visage» parce qu’elle l’avait griffé alors qu’ils s’embrassaient.
L’affaire a pris une tournure encore plus scabreuse quand a été dévoilé par la défense du chanteur le chantage financier auquel celui-ci a été soumis par la partie civile et son entourage dès la fin de l’année 2024. À la clé, la somme de trois millions d’euros pour que la plainte soit retirée et que la plaignante ne vienne pas témoigner devant les assises. Preuves à l’appui, les avocats de Saad Lamjarred sont parvenus à prouver ce chantage et au mois d’avril, cinq personnes ont été condamnées pour tentative d’extorsion envers le chanteur.
Parmi les maîtres chanteurs, la propre mère de Laura Prioul, une avocate et une influenceuse ainsi que deux autres personnes. Toutes condamnées à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis. Laura Prioul, qui figurait elle aussi sur le banc des accusés en avril, a quant à elle été relaxée, le tribunal jugeant qu’aucun élément intentionnel «ne démontrait» qu’elle «était prête à revenir sur ses déclarations dans le but de favoriser un acquittement».
À la barre, sa mère, Olga Prioul avait tenté de protéger l’image de victime présumée de sa fille en expliquant: «Depuis le début de cette affaire, Laura cherche l’aide d’associations» qui refusent face l’«ampleur» de la situation. Et de poursuivre: «Son nom a été très sali dans la presse, elle pense au suicide, moi-même je suis fatiguée (...)». Elle s’était ensuite elle-même posée en victime, clamant: «Non, je n’ai pas essayé d’extorquer Monsieur Lamjarred! On est victimes et on a été manipulées!». Cible de ses accusations, une avocate du barreau de Paris qui avait contacté la mère et sa fille pour prendre en charge leur affaire.
«Je n’aurais jamais accepté de payer (...) Ça fait neuf ans que je suis ici en France pour contester les faits de viol», soutenait de son côté le chanteur à la barre.
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C’est en raison de cette affaire de tentative d’extorsion de fonds que le procès en appel pour le viol de Laura Prioul avait été renvoyé. Ce jeudi, nous y sommes, il s’agira désormais pour la Cour d’appel de Créteil de statuer sur cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre tant en France qu’au Maroc.
Mais une chose est sûre, «ces nouveaux éléments fragilisent la crédibilité de la partie civile», entrevoyaient déjà il y a quelques mois Zoé Royaux et Laurent Simeray, avocats de Saad Lamjarred en se référant au chantage exercé contre leur client. Celui-ci a par ailleurs été condamné en mai dans une autre affaire à cinq ans de prison par la cour d’assises du Var (sud-est) pour le viol d’une jeune femme en 2018 près de Saint-Tropez. Il a fait appel.




