Ukraine: nouvelles frappes meurtrières à Kharkiv sur fond d’efforts diplomatiques

Un ouvrier participe à des travaux de réparation sur un immeuble résidentiel endommagé par les frappes russes à Kiev, le 25 mai 2026, en pleine invasion russe de l'Ukraine. AFP or licensors

Des frappes russes sur la région de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, ont fait quatre morts et plus de vingt blessés, ont annoncé mardi les autorités locales. Le président Volodymyr Zelensky demande à Washington de relancer les négociations.

Le 09/06/2026 à 07h00

À Tchouhouïv, une «attaque ennemie» a tué deux femmes de 22 et 70 ans ainsi que deux hommes de 56 et 70 ans, a indiqué le gouverneur militaire de la région, Oleg Synegubov. À Kharkiv même, les frappes ont fait 15 blessés, dont trois enfants, a ajouté cette source. Les bombardements russes font quasiment chaque jour des morts et des blessés dans des zones résidentielles en Ukraine. Kiev réplique régulièrement par des frappes contre des cibles en zone occupée, mais aussi en territoire russe.

Un jour plus tôt, lundi, des bombardements russes avaient tué au moins quatre civils et fait plus de 30 blessés à travers le pays, notamment lors d’une attaque dans le centre de Zaporijjia, dans le sud-est de l’Ukraine.

Le chef de l’administration régionale, Ivan Fedorov, a annoncé que des frappes de drones russes à Zaporijjia avaient tué deux femmes et blessé au moins 18 civils, dont plusieurs mineurs.

Il a publié sur Telegram des photos montrant deux corps gisant sous des couvertures de survie et d’autres où l’on voit les fenêtres brisées d’un immeuble résidentiel, ainsi que des kiosques commerciaux très endommagés.

Lundi, une femme de 49 ans a également été tuée lors d’un bombardement russe à Nikopol, dans la région de Dnipropetrovsk, dans le centre-est de l’Ukraine, où dix autres personnes ont été blessées lors d’autres frappes, selon les autorités locales.

Dans la région de Soumy, dans le nord-est, un civil de 71 ans circulant à vélo a été tué par des tirs russes sur la commune de Seredyna-Bouda, située à la frontière avec la Russie, a indiqué le chef de l’administration régionale ukrainienne, Oleg Grigorov.

D’autres frappes russes ont par ailleurs blessé au moins sept civils à Sloviansk, dans la région de Donetsk, dans l’est, et au moins trois autres dans la région d’Odessa, dans le sud, toujours d’après les autorités locales.

Zelensky espère reprendre les négociations

Depuis l’invasion russe massive de l’Ukraine, lancée en février 2022, au moins 15.850 civils ont été tués et 44.800 blessés, selon le dernier décompte de l’ONU établi en avril.

D’après cette source, plus de 13.000 de ces civils ont perdu la vie dans les zones contrôlées par Kiev, tandis que plus de 2.800 sont morts dans les territoires occupés par l’armée russe.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a eu lundi une conversation téléphonique avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, afin d’essayer de relancer les négociations pour trouver une issue à la guerre en Ukraine.

«Je suis reconnaissant de leur volonté de travailler de la manière la plus active possible, dans les semaines à venir, pour redonner un élan à la diplomatie visant à mettre fin à la guerre de la Russie contre l’Ukraine», a indiqué M. Zelensky sur ses réseaux sociaux après cet appel.

«Nous comprenons que l’attention du monde entier soit focalisée sur la situation autour de l’Iran. Mais notre objectif commun de paix en Europe reste à l’ordre du jour», a-t-il poursuivi, ajoutant avoir eu cette conversation «très positive» alors qu’il effectuait une escale aérienne en Moldavie.

«Nous avons discuté des perspectives dans le cadre du sommet du G7, attendu en France à la mi-juin, et d’autres événements en juin», a-t-il ajouté, précisant avoir fourni à ses interlocuteurs des informations sur les «intentions» de Moscou.

Le dirigeant ukrainien a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’une visite des deux émissaires à Kiev, qui serait leur première depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, en février 2022.

Début juin, il a regretté que l’organisation de cette visite prenne «beaucoup de temps», tout en reconnaissant que l’Iran était pour l’heure «le problème numéro un» de Washington.

Ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l’égide des États-Unis n’ont pas permis de rapprocher Kiev et Moscou d’un accord, le processus s’enlisant davantage à mesure que l’attention de Washington se déplaçait vers l’Iran.

La semaine dernière, Volodymyr Zelensky a proposé à son homologue russe Vladimir Poutine une rencontre en tête-à-tête afin de négocier une sortie du conflit.

Mais M. Poutine a rejeté cette idée, exigeant un accord final avant toute rencontre.

Le pouvoir russe exige du gouvernement ukrainien des concessions politiques et territoriales, notamment un retrait complet de la région de Donetsk, dans l’est. Ces exigences sont rejetées par Kiev, qui les assimile à une capitulation.

Par Le360 (avec AFP)
Le 09/06/2026 à 07h00