La frappe a touché un stand de tir privé situé à une vingtaine de kilomètres de la capitale ukrainienne, selon un journaliste de l’AFP ayant vu sur place des tentes sous lesquelles étaient toujours disposées, peu de temps après l’attaque, des drones et un écran diffusant une vidéo promotionnelle d’une entreprise militaire.
Derrière un véhicule, le corps d’un homme mort, le visage ensanglanté, gisait au sol tandis que des gens s’affairaient autour de lui. Des immeubles résidentiels, près du site, ont été complètement détruits et des secouristes fouillaient dans les déclins à la recherche d’éventuelles autres victimes.
Près d’une autoroute, l’AFP a également vu cinq corps recouverts de draps noirs.
Sans cacher sa colère et sa frustration, Alla Lakhmaniouk, un responsable local, a affirmé à l’AFP que les organisateurs de cette manifestation d’armements n’avaient pas prévenu les autorités municipales.
«Tout le monde est très mécontent qu’un tel événement ait eu lieu juste à côté d’habitations. Si on organise ce type d’événement, il faut absolument le faire dans un endroit sûr, à distance des zones résidentielles», a-t-elle plaidé.
Natalia Perevalova, une habitante du coin, a survécu à la frappe avec son fils, qui a eu «très peur», et son petit chien noir. «Il y a eu deux vagues. C’est tombé violemment là-bas à deux reprises puis ça a frappé le bâtiment. Le toit est endommagé, gravement endommagé», dit-elle.
Selon le dernier bilan communiqué par le procureur général d’Ukraine, Rouslan Kravtchenko, dix personnes ont été tuées et une centaine d’autres ont été blessées, à des degrés divers.
Les autorités ukrainiennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour «négligence ayant entraîné la mort» concernant «d’éventuels manquements aux obligations» lors de l’organisation de cet événement militaire.
Le président Volodymyr Zelensky, dans son allocution quotidienne, lui a déclaré «un événement qui n’aurait certainement pas dû avoir lieu à cet endroit».
A rescue operation is currently underway in the Kyiv region following a Russian missile strike. As of now, dozens of people have been reported injured. It has also been confirmed that, tragically, sіх people were killed. My condolences to their families and loved ones. Efforts to… pic.twitter.com/ZUjsTQl4yw
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) July 24, 2026
«Bien entendu, la frappe a été provoquée par des missiles russes – il s’agit là de terreur russe –, mais nous avons répété mille fois qu’en temps de guerre et face à un tel ennemi, il est absolument impossible d’organiser des expositions d’armement rassemblant de grandes foules, et encore moins à proximité d’immeubles résidentiels», a-t-il déclaré.
L’armée russe a affirmé avoir frappé «une démonstration de drones de fabrication ukrainienne et étrangère», évoquant la présence de «fabricants de premier plan», d’officiers de l’armée et d’agents des services de sécurité ukrainiens.
Depuis le début de l’invasion de 2022, les responsables ukrainiens ont été sous le feu des critiques à plusieurs reprises pour avoir organisé, sans prendre les mesures de sécurité suffisantes, des événements militaires, tels que des remises de médailles, qui avaient été pris pour cible par des frappes russes.
Après cette nouvelle tragédie, un conseiller de Volodymyr Zelensky pour la défense, Serguiï Beskrestnov, a déclaré sur Telegram les événements militaires qui ne subsistaient pas d’abri pour leurs invités et annonçant à l’avance leur tenue sur les réseaux sociaux.
Kateryna Mykhalko, une autre responsable du secteur, a évoqué sur Instagram un «jour de deuil pour l’industrie» militaire ukrainienne.




