Trump annonce un accord avec l’Iran, Téhéran dit n’avoir encore rien tranché

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse dans la salle de presse Brady de la Maison-Blanche à Washington, le 20 février 2026. AFP or licensors

Donald Trump a annulé jeudi des frappes américaines prévues le jour même contre l’Iran, avant d’assurer qu’un «très bon accord» avait été trouvé avec Téhéran, évoquant même une possible signature en Europe dès «ce week-end». Mais la diplomatie iranienne a rapidement tempéré cette annonce, affirmant qu’aucune décision finale n’avait encore été prise.

Le 12/06/2026 à 06h28

«Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l’Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe», a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale.

Donald Trump a précisé qu’il n’assisterait pas lui-même à cette éventuelle cérémonie, mais qu’elle pourrait avoir lieu en présence de son vice-président, JD Vance, possiblement dès «ce week-end».

Le dirigeant républicain a également déclaré qu’il pensait que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait validé ce qu’il a qualifié d’«accord-cadre très solide», ou «memorandum of understanding», avec les États-Unis.

Téhéran a indiqué vendredi ne pas avoir encore tranché sur l’accord annoncé par le président américain pour mettre fin à la guerre, tempérant cette nouvelle annonce de Donald Trump qui a évoqué une signature dès «ce week-end».

La diplomatie iranienne a toutefois peu après assuré que Téhéran n’avoir pas encore décidé de signer.

«Jusqu’à présent, l’Iran n’a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l’accord», a déclaré le porte-parole Esmaeil Baqaei aux médias d’Etat iraniens.

Donald Trump n’a toutefois livré que peu de détails sur le contenu de ce compromis, si ce n’est qu’il garantirait, après signature, la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz et l’impossibilité pour l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

«Élimination de l’uranium»

Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a fait savoir de son côté sur X que Donald Trump avait promis que tout accord final inclurait notamment «l’élimination de l’uranium enrichi» de Téhéran.

«Prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d’Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes, j’ai (...) annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l’Iran ce soir», avait écrit plus tôt jeudi Donald Trump sur son réseau Truth Social. «Le moment et le lieu de la signature seront annoncés bientôt», avait-il ajouté.

Avant ce brusque changement de ton, le président américain avait promis de frapper «très fort» l’Iran dans la soirée de jeudi, menaçant notamment de «prendre l’île de Kharg», principal terminal pétrolier iranien.

Le principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait fustigé des «stratégies inadaptées et des décisions impulsives», évoquant le risque d’un «bourbier sans fin» pour les États-Unis.

Mardi, Donald Trump avait déjà promis un accord imminent avec l’Iran, avant de changer de ton le lendemain et d’accuser les responsables iraniens de «mener en bateau» les États-Unis. Cette succession d’annonces contradictoires illustre l’extrême volatilité du dossier, entre menaces militaires, pressions diplomatiques et volonté affichée d’arracher un compromis rapide.

Pétrole en baisse

L’horizon d’une entente a immédiatement pesé sur les cours du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord s’est affiché juste au-dessus des 90 dollars à la clôture, tandis que le West Texas Intermediate américain reculait également, autour de 87,71 dollars. Les marchés ont interprété l’annulation des frappes comme un signe de désescalade, même si le risque de rupture des négociations demeure élevé.

Le cessez-le-feu au Moyen-Orient, entré en vigueur le 8 avril, avait globalement été respecté jusqu’au week-end dernier. Mais cette semaine a été marquée par une reprise des hostilités, plus de trois mois après le début du conflit.

Il est «difficile de rester optimiste», résumait jeudi le Pakistan, principal pays médiateur.

Sur le terrain, l’armée américaine a indiqué avoir ciblé, dans la nuit de mercredi à jeudi, «des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays».

Trois personnes ont été blessées, d’après les médias iraniens, qui ont fait état d’explosions sur l’île de Qeshm, à Minab, Sirik et dans le port de Bandar Abbas, dans le sud, mais aussi dans des lieux plus proches de la capitale.

L’Iran a riposté en tirant une vingtaine de missiles vers une base américaine à Azraq, en Jordanie. Tous auraient été interceptés. Téhéran a également ciblé les monarchies du Golfe avec des drones. À Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris.

Ormuz fermé

Le très stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre environ un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, concentre les tensions. L’autorité maritime iranienne a annoncé sa fermeture totale «jusqu’à nouvel ordre», alors que le passage d’une vingtaine de navires par jour était jusque-là autorisé.

L’Iran verrouille partiellement le détroit depuis le début du conflit, le 28 février, tandis que les États-Unis imposent en retour un blocus des ports iraniens.

Le conflit avait repris dimanche lorsque l’Iran a lancé des missiles sur Israël, pour la première fois depuis le début de la fragile trêve, en représailles à des frappes israéliennes sur Beyrouth.

Téhéran, parrain du Hezbollah libanais, insiste pour que tout accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient inclue le Liban, dont Washington voudrait traiter le sort séparément.

Israël avait riposté aux missiles iraniens avant que les deux ennemis n’annoncent une suspension des hostilités, comme le réclamait Donald Trump.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, lorsque le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l’Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, affirmant vouloir «éliminer» le mouvement chiite.

Ses opérations ont tué plus de 3.700 personnes, principalement dans le sud du pays, où son armée occupe désormais une partie du territoire.

Par Le360 (avec AFP)
Le 12/06/2026 à 06h28