Taïwan affirme être une nation «indépendante», après la mise en garde de Trump

Le président chinois Xi Jinping (à droite) et le président américain Donald Trump arrivent au Palais de l'Assemblée du Peuple à Pékin le 14 mai 2026. AFP or licensors

Le gouvernement de Taïwan a réaffirmé samedi que l’île est une nation « indépendante », en réponse à la ferme mise en garde du président américain Donald Trump à l’issue de sa visite à Pékin.

Le 16/05/2026 à 07h04

La politique américaine à l’égard de Taïwan, que la Chine considère comme une de ses provinces, repose sur un soutien militaire robuste à l’île, sans toutefois la reconnaître à part entière ni soutenir ouvertement des velléités d’indépendance.

Dans un entretien télévisé enregistré peu avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l’île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d’indépendance.

«Je n’ai pas envie que quelqu’un déclare l’indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15.000 kilomètres pour faire la guerre», a dit le président américain sur Fox News, en demandant à Taipei et à Pékin de faire «baisser la température».

«Taïwan est une nation démocratique, souveraine et indépendante, qui n’est pas subordonnée à la République populaire de Chine», a réagi le ministère taïwanais des Affaires étrangères dans un communiqué, estimant que la politique de Washington demeurait «inchangée».

«En ce qui concerne les ventes d’armes entre Taïwan et les Etats-Unis, il ne s’agit pas seulement d’un engagement des Etats-Unis envers la sécurité de Taïwan, clairement prévu par la loi sur les relations avec Taïwan, mais aussi d’une forme de dissuasion commune face aux menaces régionales», a insisté le ministère taïwanais.

Depuis 1982, l’un des grands principes de la stratégie américaine est de ne pas «consulter» Pékin sur des ventes d’armes à Taïwan.

Ces ventes d’armes sont depuis des mois au coeur d’une bataille politique à Taïwan. Les parlementaires taïwanais s’affrontent sur le montant à consacrer à la défense et au renforcement des capacités de défense.

Une enveloppe de 25 milliards de dollars destinés à l’achat d’armes américaines a été finalement approuvé par le parlement la semaine dernière, un montant inférieur au budget de 40 milliards de dollars souhaité par le gouvernement.

«Engagement» et «dissuasion commune»

«Nous n’avons pas envie que quelqu’un se dise, proclamons l’indépendance parce que les Etats-Unis nous soutiennent», a également déclaré Donald Trump, en ajoutant n’avoir pas encore pris de décision sur les ventes d’armes américaines à l’île.

«Je prendrai une décision dans un délai assez court», a pourtant répondu M. Trump aux journalistes vendredi, en chemin vers Washington.

La visite du président américain a permis d’afficher une certaine stabilité entre les deux superpuissances, sans déboucher sur de grandes avancées, que ce soit sur le commerce ou sur l’Iran, allié de la Chine.

La visite annoncée de Xi Jinping à Washington à l’automne servira de nouveau test pour le fragile statu quo entre la première et la deuxième puissance mondiale.

Bonnie Glaser, du German Marshall Fund, pense que la Chine va «pousser fortement» pour que Donald Trump s’abstienne de toute décision sur des ventes d’armes à Taïwan d’ici là.

Jeudi, avec une fermeté inhabituelle, Xi Jinping avait mis Donald Trump en garde: «La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et Etats-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit».

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force.

Par Le360 (avec AFP)
Le 16/05/2026 à 07h04