Royaume-Uni: Andy Burnham prend la tête du Labour avant son entrée à Downing Street

Andy Burnham, député travailliste, salue la foule en quittant Manchester, dans le nord de l'Angleterre, le 29 juin 2026, après avoir prononcé un discours. AFP or licensors

Andy Burnham va devenir vendredi le nouveau chef du Parti travailliste britannique lors d’un congrès extraordinaire organisé à Londres, avant son installation lundi à Downing Street, où il succédera au démissionnaire Keir Starmer.

Le 17/07/2026 à 07h00

L’ancien maire du Grand Manchester, l’une des personnalités politiques les plus populaires du pays, a été le seul candidat à se présenter pour succéder à Keir Starmer, qui a annoncé son départ le 22 juin.

Andy Burnham, 56 ans, a obtenu le soutien de 379 des 403 députés travaillistes, soit près de 95%, le Labour étant majoritaire au Parlement, ainsi que celui de 8 des 11 syndicats affiliés au parti.

Il va devenir chef du Labour puis, dans la foulée, Premier ministre, sans nouvelles élections législatives.

Il prend la tête des travaillistes, revenus au pouvoir en 2024 après 14 ans de gouvernements conservateurs, alors que Reform UK, dirigé par Nigel Farage, s’est installé en tête des sondages.

Les députés travaillistes espèrent qu’avec Andy Burnham, ils parviendront à barrer la route à ce parti anti-immigration lors des prochaines élections législatives, qui doivent se tenir au plus tard en 2029.

L’intronisation d’Andy Burnham, homme charismatique et habile communicant, lors du congrès extraordinaire n’est qu’une formalité, mais le processus qui y a conduit a été long.

Keir Starmer, devenu Premier ministre il y a deux ans après la victoire écrasante des travaillistes aux législatives, s’est accroché au pouvoir pendant des mois, alors qu’il était de plus en plus contesté au sein du Labour après une succession de revirements et de faux pas.

L’élection d’Andy Burnham comme député, le 18 juin, dans la circonscription de Makerfield, dans le nord de l’Angleterre, a finalement ouvert au «roi du Nord», comme il est surnommé, la voie vers Downing Street.

Après deux échecs dans la course à la direction du Parti travailliste, en 2010 et 2015, Andy Burnham avait quitté Londres pour retourner dans le nord de l’Angleterre, sa région d’origine. Il a été élu maire du Grand Manchester en 2017.

Andy Burnham, qui porte souvent un simple tee-shirt noir sous une veste, est devenu populaire en modernisant cet ancien bastion industriel et en s’opposant régulièrement au gouvernement central à Westminster.

«Redonner le moral»

Andy Burnham a répété pendant la campagne qu’il voulait «changer le Labour et le pays».

«Il faut redonner le moral aux gens (…) Il faut leur donner le sentiment que le pays est sur la voie du redressement», a-t-il déclaré mercredi dans une interview détendue avec Gary Lineker, ancien footballeur vedette reconverti avec succès dans les médias.

Lundi, après une audience avec le roi Charles III, il deviendra le septième Premier ministre britannique en dix ans.

«Nous n’avons pas, jusqu’ici, apporté les grands changements que les gens attendent (…) Je vais essayer de faire quelque chose de différent», a déclaré Andy Burnham.

L’essentiel, a-t-il dit, est «d’aider les gens à faire face au coût de la vie».

«J’ai entendu les gens me dire à Makerfield: “Vous savez, Andy, je ne peux plus sortir pour aller boire quelques pintes, je ne peux plus emmener les enfants en balade, je ne peux plus partir en vacances”», a-t-il raconté.

Il veut décentraliser le pouvoir et créer un «N. 10 du Nord» (en référence au 10 Downing Street), qui sera basé à Manchester, afin de garantir que les régions du pays ne soient pas négligées au profit de la capitale britannique.

Il s’est engagé à respecter le programme électoral du Labour en n’augmentant pas les principaux impôts.

Mais il devra composer avec les mêmes défis que Keir Starmer, au premier rang desquels une croissance atone et des finances publiques sous pression, sur fond d’endettement élevé.

Les rumeurs se multiplient au sujet de sa future équipe gouvernementale. L’actuelle ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, pourrait devenir ministre des Finances, selon plusieurs médias britanniques, dont le Financial Times.

La composition du gouvernement devrait être annoncée lundi.

Le calendrier du congrès et de l’entrée à Downing Street est confirmé par Reuters. Le chiffre de 379 parrainages sur 403 provient du décompte final publié par LabourList.

Par Le360 (avec AFP)
Le 17/07/2026 à 07h00