Ces affrontements surviennent malgré la signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, prévoyant la fin de la guerre sur tous les fronts de la région.
Depuis 17h30 locales, 14h30 GMT, «les combattants de la Résistance islamique sont engagés dans des affrontements (...) contre une unité de l’armée ennemie israélienne qui tentait d’avancer depuis la ville d’Arnoun vers la périphérie de Kfar Tebnit», près de Nabatiyé, précise un communiqué du Hezbollah.
Les combattants ont pris pour cible l’armée israélienne «à l’aide de diverses armes, frappant trois chars Merkava avec des missiles guidés, ce qui a entraîné leur destruction», a ensuite déclaré dans la nuit le mouvement chiite.
Aucune information officielle n’a pour l’heure été communiquée par la partie israélienne, mais plusieurs sources non officielles citant des médias israéliens ont fait état d’«un incident grave dans le sud du Liban».
Le Hezbollah avait auparavant indiqué avoir repoussé la nuit précédente une tentative des forces israéliennes d’avancer vers la localité de Kfar Tebnit, première annonce de ce type depuis la signature de l’accord irano-américain.
Alors que «depuis quatre jours, l’armée ennemie tentait de progresser» dans le secteur, les combattants du Hezbollah l’ont contrainte à «battre en retraite et déployer des hélicoptères (...) durant la nuit, pour évacuer ses pertes», a affirmé le mouvement chiite.
Selon Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, les Casques bleus ont également rapporté des échanges de tirs mercredi et jeudi.
«Aujourd’hui, 143 trajectoires de projectiles ont été observées», dont «119 ont été attribuées» à l’armée israélienne et «les autres au Hezbollah», a-t-il déclaré lors d’un point presse.
La veille, «364 tirs» avaient été observés, «dont 330 attribués aux forces israéliennes et 34 au Hezbollah».
seize morts
Un média d’État libanais a rapporté la mort de trois personnes dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban.
De son côté, l’armée israélienne a annoncé jeudi la mort d’un de ses soldats la veille, lors d’un incident dans le sud du Liban au cours duquel sept autres militaires ont été blessés.
Elle a annoncé poursuivre ses opérations dans le sud du Liban, en publiant une carte de ce qu’elle déclare être son «espace de sécurité», s’étendant sur une dizaine de kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.
Lire aussi : Liban: nouvelles frappes israéliennes dans le sud et l’est, sur fond de négociations régionales
Elle a indiqué que des troupes continueraient d’y être déployées «afin d’éliminer les menaces et d’améliorer la défense des habitants du nord d’Israël».
Un responsable militaire israélien a précisé que l’armée pourrait également agir pour «neutraliser» les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.
La localité de Kfar Tebnit figure sur la carte publiée par l’armée israélienne, tout comme les collines d’Ali al-Taher, qui dominent la ville de Nabatiyé et pourraient abriter des infrastructures importantes du mouvement pro-iranien.
Dans le texte
Depuis l’annonce lundi de l’accord entre Téhéran et Washington, l’intensité des violences a toutefois baissé dans le sud du Liban, et le Hezbollah n’a plus revendiqué d’attaques contre Israël.
Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a estimé jeudi que la guerre menée par Israël contre son mouvement avait «échoué», jugeant que l’armée israélienne devait «entamer son retrait dans un délai de soixante jours».
Selon le texte rendu public par Washington et Téhéran, les États-Unis, l’Iran et leurs alliés respectifs «déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban».
Le Liban a été entraîné dans le conflit régional le 2 mars par le Hezbollah, en soutien à Téhéran. Depuis, l’armée israélienne a mené des frappes massives qui ont fait plus de 3.900 morts, selon les autorités libanaises, et une offensive terrestre dans le sud du pays.
Côté israélien, 31 soldats et un contractuel civil ont été tués depuis le 2 mars.




