Les États-Unis fêtent leurs 250 ans, Trump les dépeint en «chef d’oeuvre»

Le président américain Donald Trump prend la parole lors de la célébration de la fête nationale américaine «Hommage à l'Amérique» sur le National Mall à Washington, D.C., le 4 juillet 2026. (Photo : Alex Wroblewski / AFP). AFP or licensors

Au bout d’un 250ème anniversaire perturbé par la météo à Washington, Donald Trump a tressé samedi les lauriers des États-Unis, «chef d’oeuvre de l’histoire de l’humanité» selon lui, et renouvelé ses attaques contre ses opposants politiques qualifiés de «communistes».

Le 05/07/2026 à 07h00

Dans la nuit -rafraîchie par l’orage qui avait contraint à l’évacuation temporaire de l’immense esplanade de verdure du National Mall en début de soirée-, Donald Trump a livré un nouveau discours patriotique et rendu hommage à de nombreux anciens combattants, figures très respectées aux États-Unis. Mais il ne s’est pas livré au grand meeting aux allures de campagne électorale qu’il avait promis.

«Ce drapeau est l’étendard de la plus extraordinaire, de la plus exceptionnelle, de la plus incroyable nation à avoir jamais existé sur Terre», a t-il loué, en décrivant les États-Unis comme «la terre de la liberté».

Le président républicain a toutefois profité de cette tribune pour répéter sa rhétorique du moment contre la «menace communiste» que représente selon lui l’opposition démocrate, après une série de victoires dans des primaires de candidats de l’aile gauche de ce parti et à l’approche des élections cruciales de mi-mandat début novembre.

«Nos soldats ne se sont pas battus sur les champs de bataille à travers le monde pour que cette affreuse menace ressurgisse ici, en Amérique», a t-il dit. «Nous ne laisserons pas ça arriver.»

La veille déjà, depuis l’emblématique Mont Rushmore, il avait affirmé que l’identité américaine subissait une «nouvelle offensive» venant de «radicaux et d’extrémistes» et évoquait une «résurgence de la menace communiste sur notre sol».

«Quoi qu’il arrive»

Achevée juste avant minuit, la prise de parole de Donald Trump a été retardée d’une heure et demie après que le Mall a dû être évacué en raison d’un orage.

Auparavant, le président américain - qui a tout fait pour transformer cet anniversaire des États-Unis en célébration de sa propre personne - avait affirmé sur sa plateforme Truth Social qu’il ferait son discours «quoi qu’il arrive».

«Je ne vais pas laisser un peu de pluie gâcher notre 250ème anniversaire», a t-il écrit, lui qui avait promis le plus grand feu d’artifice au monde: 850.000 fusées pendant 40 minutes.

Malgré l’heure tardive et la confusion, des milliers de personnes se sont massées devant la scène installée entre l’obélisque du Washington Monument et le Lincoln Memorial.

Quelques heures avant, quand l’évacuation a été ordonnée, elle a été accueillie par des huées de spectateurs, des centaines de personnes refusant de partir. Des policiers équipés de sifflets se sont employés à faire quitter les lieux aux récalcitrants.

Cet «Independence Day» particulier, 250 ans après l’adoption de la Déclaration d’indépendance à Philadelphie marquant la rupture de trois colonies avec la Couronne britannique, a coïncidé avec une vague de chaleur suffocante dans l’est des États-Unis.

À New York, le spectaculaire feu d’artifice a été avancé en raison des conditions orageuses.

Malgré la chaleur, à Philadelphie, des files d’attente se sont formées très tôt devant la célèbre «Cloche de la liberté» et l’Independence Hall, où a été signée la Déclaration d’indépendance.

«Souffrir un peu de la chaleur, ça n’est rien comparé à ce que beaucoup de gens ont sacrifié pour nous donner cette liberté dans ce pays formidable», a salué Randy Cole, fonctionnaire retraité à Washington, où de nombreux passants arboraient les couleurs ou les étoiles du drapeau américain.

«Empreinte»

Patrick Thompson, un enseignant d’Alexandria, près de Washington, préfère célébrer la fête nationale en famille avec un barbecue traditionnel et rester à l’écart des cérémonies officielles.

«C’est super de vivre ce 250ème anniversaire» mais «pourquoi doit-il porter l’empreinte de Trump?», s’interroge-t-il auprès de l’AFP.

«L’Amérique que je célèbre n’est pas celle de la haine et de la polarisation», confie Rajesh Mirchandani, Indien d’origine devenu Américain en février. «C’est celle dans laquelle des gens chaleureux, modestes et drôles travaillent encore ensemble pour construire quelque chose de meilleur».

Signe des divisions du pays, des hommes masqués ont défilé dans la matinée à Washington, certains brandissant des drapeaux confédérés et d’autres arborant l’emblème du mouvement suprémaciste Patriot Front, scandant «Reprenons l’Amérique!».

Dans un message de «félicitations à tous les Américains», Léon XIV, le premier pape américain, critique de la politique migratoire de Donald Trump, salue «les espoirs, les sacrifices et la contribution des immigrants qui font partie de l’histoire de ce pays depuis son tout début».

Selon un récent sondage de l’université Quinnipiac, 61% des Américains estiment que leur pays n’est pas à la hauteur des idéaux énoncés dans la Déclaration d’indépendance de 1776.

Par Le360 (avec AFP)
Le 05/07/2026 à 07h00