La signature, à la mi-juin, d’un protocole d’accord n’a débouché jusqu’à présent sur aucune percée diplomatique majeure susceptible de mettre fin à un conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis plus de cinq mois et perturbe profondément l’économie mondiale.
Après avoir menacé l’Iran d’une nouvelle attaque d’envergure, Donald Trump a annoncé samedi soir y renoncer, laissant entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.
«Bien sûr qu’ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l’ampleur de cette attaque, car ils la voyaient prendre forme», a-t-il déclaré dimanche soir aux journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One.
«Ce que nous faisons maintenant, c’est parler avec eux sous la forme d’une négociation», a-t-il ajouté. Le président américain a précisé que ces discussions devaient débuter lundi après-midi, mais n’a fixé aucun délai pour parvenir à un accord.
Ni Téhéran ni les pays médiateurs n’avaient confirmé, lundi matin, la tenue de négociations directes avec Washington. L’Iran avait toutefois indiqué dimanche que ses pourparlers avec Oman sur l’organisation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz étaient entrés dans leur phase finale.
Le pétrole chute
Essentiel au commerce mondial des hydrocarbures, le détroit d’Ormuz est de nouveau en grande partie verrouillé par l’Iran depuis la reprise des affrontements avec les États-Unis, au début du mois de juillet. Avant la guerre, environ 20% des volumes mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitaient par ce passage stratégique.
L’Iran, qui refuse un simple retour à la situation antérieure au conflit, n’autorise actuellement qu’un itinéraire longeant ses côtes et entend conserver un contrôle sur la circulation maritime. Le détroit se trouve à cheval sur les eaux territoriales iraniennes et omanaises.
En juin, la mise en place d’une voie maritime passant davantage par les eaux omanaises avait suscité la colère de Téhéran. Un compromis semble néanmoins se dessiner, même si Mascate n’a pas encore confirmé publiquement les avancées annoncées par les responsables iraniens.
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«Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties, ni la route nord ni la route sud, dans le respect des droits souverains de chaque pays et avec la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d’État.
Le porte-parole a toutefois précisé que les discussions sur un nouvel itinéraire maritime n’avaient «aucun lien avec l’ouverture ou la fermeture du détroit d’Ormuz», qu’il a présentée comme une question distincte. Cette précision tempère les affirmations de Donald Trump sur une réouverture prochaine et complète du passage.
Les espoirs de désescalade ont provoqué une chute des cours du pétrole à la réouverture des marchés lundi. Vers 04H08 GMT, le baril de Brent reculait de 5,11%, à 83,44 dollars, tandis que le West Texas Intermediate américain perdait 5,79%, à 79,77 dollars. Les deux références avaient progressé de plus de 20% en juillet en raison de la reprise des combats et des attaques contre plusieurs navires.
La situation maritime reste pourtant particulièrement tendue. L’agence britannique de sécurité maritime UKMTO a rapporté plusieurs incidents impliquant des pétroliers depuis samedi. Dans l’un d’eux, le capitaine d’un navire a signalé une explosion à proximité, sans dégâts ni blessés à bord. Dans un autre, un projectile non identifié a endommagé la salle des machines d’un pétrolier.
Une nouvelle volte-face
Depuis le déclenchement du conflit, le 28 février, par une offensive israélo-américaine, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l’Iran avant de suspendre ou de reporter les attaques annoncées.
Le président américain, confronté à l’impopularité croissante du conflit auprès d’une partie de son électorat, conditionne désormais la suspension des bombardements à la conclusion rapide d’un accord avec Téhéran, notamment sur la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Des médias américains avaient rapporté que Washington envisageait de nouvelles frappes contre des raffineries, des centrales électriques et d’autres infrastructures énergétiques iraniennes. Donald Trump a affirmé avoir renoncé à cette opération à la demande de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar et de l’Iran lui-même.
«Ils pensent qu’un accord est imminent», a-t-il déclaré, évoquant d’abord un arrangement sur Ormuz, puis un accord sur le nucléaire iranien, qu’il a présenté comme une possible «dénucléarisation de l’Iran». Téhéran nie chercher à acquérir l’arme nucléaire.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu avec Donald Trump et l’a appelé à «privilégier le dialogue afin de réduire les tensions», selon l’agence de presse officielle saoudienne.
La guerre s’est parallèlement étendue à la mer Rouge, où les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont menacé le détroit de Bab el-Mandeb et les voies d’exportation du pétrole saoudien. Deux pétroliers chargés de brut saoudien ont néanmoins réussi à quitter la mer Rouge pendant le week-end, alors que le trafic restait ralenti dans le détroit d’Ormuz.




