France: un mort et des blessés dans une attaque terroriste à caractère raciste à Trappes et La Verrière

Les forces de l'ordre sur les lieux où un homme a ouvert le feu depuis sa voiture, faisant un mort et quatre blessés selon des sources policières, à Trappes, en banlieue parisienne, le 23 octobre 2026.

Les forces de l'ordre sur les lieux où un homme a ouvert le feu depuis sa voiture, faisant un mort et quatre blessés selon des sources policières, à Trappes, en banlieue parisienne, le 23 octobre 2026.. AFP or licensors

Il avait «manifestement» envie de «faire un carnage» et est soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration: un homme a tiré en rafale vendredi depuis une voiture à Trappes et La Verrière (Yvelines), tuant une personne et en blessant au moins quatre, dont une enfant.

Le 23/10/2026 à 13h55

Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s’est rapidement saisi des faits. Il a annoncé avoir ouvert une enquête pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée».

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait le déplacement dans les deux communes des Yvelines, accompagné de la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.

Après avoir tiré en rafale depuis une voiture, un suspect a été interpellé rapidement par des policiers à Coignières (Yvelines), selon une source policière, indiquant que les faits s’étaient produits vers 10H30 dans ce secteur de la banlieue populaire de Paris, au sud-ouest de la capitale.

Selon une autre source policière, le suspect est âgé de 39 ans et est domicilié à Plaisir, à quelques kilomètres des lieux de la fusillade. Il a été interpellé en possession d’un pistolet mitrailleur, de grenades de gaz lacrymogène et est inscrit dans le fichier du Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), mais est inconnu du renseignement territorial, selon cette source. Il a été placé en garde à vue, a précisé le Pnat.

Une source policière a indiqué qu’il y avait eu un mort et un blessé à Trappes et trois blessés à La Verrière. Nicolas Dainville, maire de La Verrière, a précisé à l’AFP qu’une fille de 12 ans avait été grièvement blessée par huit impacts de balle, mais que son état était désormais «stabilisé».

Il a ajouté que deux hommes de ménage, «de type africain», avaient été blessés alors qu’ils nettoyaient une école par le suspect, qui serait «sorti de son véhicule pour tirer».

«C’est l’effroi, le traumatisme, un cauchemar», a-t-il déclaré à l’AFP.

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a précisé sur BFMTV que parmi les victimes, «la personne décédée est d’origine africaine et la personne en urgence absolue est d’origine maghrébine». Interrogé sur un éventuel mobile raciste, l’édile a déclaré ne vouloir, pour l’heure, «rien dire de définitif et de certain», notant que le tireur avait «tiré de façon relativement aléatoire». «J’observe que ces deux victimes sur la ville de Trappes présentent un profil particulier en effet», a-t-il néanmoins souligné.

Sur X, le président de la République, Emmanuel Macron, a affirmé que «la Nation» se tenait «aux côtés» des victimes et des habitants des villes concernées par cette «terrible épreuve».

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a qualifié les faits de «très graves» sur le même réseau social.

«Peur»

A Trappes, un cordon de police était disposé autour d’une maison de santé et près d’un parc, a constaté un journaliste de l’AFP. Samy, un habitant du centre-ville, a vu un corps allongé au sol depuis sa fenêtre. Sa mère, a-t-il témoigné auprès de l’AFP, était dans la rue et a vu une voiture Clio grise «passer à toute allure» et a entendu «des détonations».

«Clairement, là, j’ai le cœur brisé et ce qui m’anime, c’est la peur», a témoigné un autre résident, Adel, 50 ans. «Tout simplement parce que le profil des victimes, de ce qu’on en sait (...), ce sont des profils de personnes qui sont racisées. Et moi-même, je suis d’origine maghrébine et (...) ça fait peur pour toutes les personnes qui ont ce même profil dans la ville et Dieu sait qu’on en a beaucoup».

«C’est un miracle qu’on n’ait pas davantage de victimes», a estimé Ali Rabeh, faisant état de «nombreux tirs à travers différents quartiers» de Trappes. Il a évoqué un tireur qui, «manifestement, tirait au hasard et avait envie de faire un carnage». Une cellule d’aide psychologique a été mise en place.

Les investigations du Pnat portent également sur la «détention d’arme de catégorie A», qui regroupe notamment des armes automatiques tirant en rafale, et l’«association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes».

Par Le360 (avec AFP)
Le 23/10/2026 à 13h55