Environ 60.000 personnes ont reçu l’ordre de quitter leur domicile, tandis que près de 600 bâtiments, dont des maisons et des commerces, ont été détruits par les flammes. Les trois foyers regroupés sous le nom de Spokane Area Fire avaient parcouru environ 2.180 hectares dimanche et n’étaient toujours pas contenus.
«Des centaines d’habitations et structures ont été perdues. Nous évaluons toujours la possibilité que des vies aient été perdues», a déclaré dimanche la maire de Spokane, Lisa Brown, lors d’une conférence de presse. Les autorités locales n’avaient recensé aucun mort ni blessé dans l’immédiat, mais le shérif John Nowels a prévenu que ce bilan pourrait évoluer «en raison de l’étendue» de la catastrophe et de la difficulté d’inspecter les zones encore dangereuses.
Des images de l’AFP tournées dimanche montrent des maisons réduites en cendres, des véhicules calcinés et des quartiers entiers transformés en paysages noircis.
«Simplement conduire en regardant les maisons, c’est l’une des choses les plus déchirantes que j’ai vues de ma vie», a confié à l’AFP Geoff Beadles, un habitant de Spokane qui a dû fuir son domicile avec sa fiancée et leurs deux chiens.
Les trois incendies actifs dans le secteur sont baptisés Old Trails Fire, Fairview Fire et Meadowview Fire, selon l’Associated Press. Le plus important, Old Trails Fire, a franchi samedi après-midi la rivière Spokane avant de pénétrer dans la ville, qui compte environ 230.000 habitants.
Les rafales, les canyons, les pentes abruptes et la sécheresse ont transformé la lutte contre les flammes en cauchemar opérationnel, parce que la nature, manifestement, ne lit jamais les plans d’urgence humains.
«Partez maintenant»
Samedi, des vidéos tournées par des habitants montraient déjà des maisons englouties par les flammes, tandis que des incendies attisés par le vent progressaient de manière incontrôlable dans des conditions de chaleur intense et de sécheresse extrême. Des files de voitures se sont formées sur les routes alors que les habitants tentaient de quitter les secteurs menacés.
Les autorités ont déclenché l’alerte maximale d’évacuation, intitulée «Go Now», soit «Partez maintenant», dans de vastes zones du nord de Spokane. «Il y avait probablement des centaines et des centaines de voitures», a témoigné auprès de l’AFP Tena Risley, bloquée dans un embouteillage alors qu’elle tentait de fuir. Elle a raconté que les flammes avaient coupé plusieurs routes à l’extérieur de la ville.
Un centre d’accueil a été ouvert au Spokane Convention Center pour héberger les habitants déplacés. D’après l’AP, environ 5.000 foyers ont été évacués et quelque 400 personnes ont trouvé refuge dans ce centre. L’hôpital des anciens combattants Mann-Grandstaff VA Medical Center a également été évacué par précaution, signe que la crise a dépassé le simple cadre des quartiers résidentiels.
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La Garde nationale de l’État de Washington a annoncé une mobilisation rapide afin d’épauler les secours. Dans un message publié dimanche matin, elle a indiqué que ses équipages aériens avaient largué 923.856 gallons d’eau, soit environ 3,49 millions de litres, en 137 heures de vol.
Le gouverneur Bob Ferguson a décrété l’état d’urgence et a indiqué avoir demandé une aide fédérale après s’être entretenu avec Donald Trump.
La météo s’est légèrement améliorée dimanche, avec des vents moins violents, mais les trois feux restaient à 0% de maîtrise. L’État de Washington traverse sa quatrième année consécutive de sécheresse. Dave Upthegrove, commissaire aux terres publiques, a prévenu que cette saison était déjà l’une des plus chargées jamais enregistrées en matière d’incendies dans l’État.
Selon Reuters, plus de 250.000 acres, soit plus de 101.000 hectares, brûlaient dimanche à travers l’État de Washington.
Pour Spokane, le bilan matériel est déjà immense. Pour les habitants, il faudra attendre la levée des évacuations, les inspections de sécurité et l’identification précise des pertes avant d’entrevoir un retour.
Certaines maisons ont brûlé jusqu’aux fondations, d’autres ont été miraculeusement épargnées. Cette loterie du feu, absurde et brutale, laisse derrière elle des quartiers entiers suspendus entre soulagement, deuil et incertitude.




