Après plus d’un an d’absence, l’ambassadeur de France en Algérie est de retour

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le président algérien Abdelmadjid Tebboune en marge du sommet du G7 organisé par l'Italie, au complexe de Borgo Egnazia, à Savelletri, le 14 juin 2024.

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le président algérien Abdelmadjid Tebboune en marge du sommet du G7 organisé par l'Italie, au complexe de Borgo Egnazia, à Savelletri, le 14 juin 2024.. AFP or licensors

L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, qui avait été rappelé à Paris depuis avril 2025 sur fond de nouvelle crise avec Alger, va retourner sur place, a déclaré vendredi la présidence française. Le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a également confirmé la reprise des expulsions d’Algériens en situation irrégulière, évoquant le chiffre de 140 reconduites depuis le début de l’année.

Le 08/05/2026 à 07h47

L’ambassadeur de France en Algérie, qui avait été rappelé à Paris depuis avril 2025 sur fond de nouvelle crise avec Alger, va retourner sur place, a déclaré vendredi la présidence française, en annonçant une visite dans la journée de la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo. L’ambassadeur, Stéphane Romatet, «accompagnera la ministre déléguée et reprendra ses activités», a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

L’ambassadeur portera «une attention prioritaire au retour en France de notre compatriote, M. Christophe Gleizes», un journaliste sportif détenu dans le pays pour «apologie du terrorisme. Gleizes avait été arrêté dans le cadre d’un reportage en mai 2024 en Kabylie et condamné en appel, début décembre, à sept ans de prison. Sa famille a annoncé mardi qu’il renonçait à son pourvoi en cassation, ouvrant la voie à une possible grâce du président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a par ailleurs confirmé, jeudi, la reprise des expulsions d’Algériens en situation irrégulière, évoquant le chiffre de 140 reconduites depuis le début de l’année. Ceci, après un an d’interruption liée à la crise diplomatique entre Paris et Alger.

«Quand je suis allé en Algérie à la mi-février, nous n’avions aucun laissez-passer délivré depuis le début de l’année et on avait fait quelques reconduites», a déclaré Laurent Nuñez sur la chaîne d’information CNews et la radio Europe 1.

«Depuis que je suis allé en Algérie, c’est reparti».

«On a eu 120 laissez-passer délivrés depuis (...) et hier, on a dépassé les 140 (reconduites) depuis le début de l’année. Évidemment, il faut qu’on fasse mieux, évidemment il faut qu’on fasse plus» mais «les choses se sont réamorcées», a-t-il ajouté. «Je m’en félicite (...) on va poursuivre dans ce dialogue existant avec l’Algérie». «L’autre élément sur lequel il faut qu’on aboutisse maintenant assez vite», c’est la question des «vols groupés», l’expulsion de plusieurs ressortissants dans un même avion, a poursuivi Laurent Nuñez.

Interrogé sur le nombre de ressortissants algériens présents dans les centres de rétention administrative en France, le ministre de l’Intérieur a par ailleurs confirmé le chiffre d’«un peu plus de 700 sur 2.000 places», soit à «peu près 30 à 40%».

La relation entre Paris et Alger s’était fortement dégradée à partir de l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Une reconnaissance qui s’est consolidée depuis.

Par Le360 (avec AFP)
Le 08/05/2026 à 07h47