Risque pays: le Maroc fait mieux que les plus grandes puissances africaines

Compte tenu du séisme d’Al-Haouz, survenu le 8 septembre 2023, et de la sécheresse prolongée qui a provoqué une production agricole limitée, l’économie marocaine a enregistré une croissance du PIB de 2,6% en 2023.. DR

Revue de presseAllianz Trade, spécialiste de l’assurance-crédit, dévoile son Country Risk Atlas. Il évalue les facteurs économiques, politiques, commerciaux et de développement durable pesant sur le risque d’impayés des entreprises, et ce dans 83 économies, dont le Maroc qui a vu sa note de risque améliorée à «B2», soit un niveau de risque moyen, faisant «mieux que les grandes puissances économiques africaines», indique Perspective Med dont est tirée cette revue de presse.

Le 06/02/2024 à 20h32

Une note améliorée à «B2», soit un niveau de risque moyen. C’est le classement pour le Maroc établi par Allianz Trade, spécialiste de l’assurance-crédit, qui dévoile son Country Risk Atlas. Avec cette notation, indique le site spécialisé Perspective Med, le Royaume montre sa résilience face aux chocs mondiaux et sa capacité à renforcer la croissance économique, indique le rapport d’Allianz Trade.

Le Maroc y affiche le meilleur score parmi les pays de l’Afrique du Nord en termes de risque pays, devant la Tunisie et l’Égypte qui ont obtenu un D4, ou encore l’Algérie (C2). Le Royaume fait même «mieux que les grandes puissances économiques africaines», notamment le Nigeria (D3) et l’Afrique du Sud (B3).

«Compte tenu du séisme d’Al-Haouz, survenu le 8 septembre 2023, et de la sécheresse prolongée qui a provoqué une production agricole limitée, l’économie marocaine a enregistré une croissance du PIB de 2,6% en 2023», souligne Allianz Trade, repris par Perspective Med.

Ce rythme, légèrement inférieur à la moyenne régionale de +3,6%, devrait être maintenu en 2024, reflétant une faible croissance de la demande des principaux partenaires commerciaux, avec des coûts de reconstruction post-séisme pesant sur le déficit budgétaire. Cependant, un financement international est disponible, sous forme d’une ligne de crédit de précaution de 5 milliards de dollars du FMI, relève Allianz Trade qui indique, en outre, que la diversification de l’économie marocaine a soutenu une expansion généralisée des exportations des produits automobiles et textiles en 2023, favorisant des investissements supplémentaires dans ces secteurs.

Pour 2024, il prévoit un allègement du déficit commercial grâce notamment aux exportations de biens agricoles, de phosphates et des composants automobiles. «De plus, la mise en œuvre de la nouvelle charte d’investissement est largement considérée comme un catalyseur potentiel pour l’investissement étranger direct», est-il souligné.

«D’un autre côté, le monde des affaires surveille de près la protection des droits de propriété et l’indépendance du pouvoir judiciaire», estime Allianz. Autre élément soulevé dans cette analyse: le secteur des services est le plus grand employeur, avec 47% de la main-d’œuvre, suivi de l’agriculture (29%), de la fabrication (12%) et de la construction (11%). Traditionnellement, le taux de chômage est plus élevé dans les zones urbaines, atteignant 16% en 2022, en baisse de 17% en 2021, et touche essentiellement les jeunes de 15 à 24 ans (33%), les diplômés universitaires (19%) et les femmes (17%).

Par ailleurs, la rareté de l’eau demeure une préoccupation majeure. «La sécheresse prolongée et les niveaux de pluie inférieurs à la moyenne à la fin de 2023 ont entraîné une baisse significative du stock d’eau dans les barrages, impactant la production agricole. Les mesures gouvernementales visant à réduire le prélèvement d’eau pourraient exercer une pression supplémentaire sur la productivité agricole», nous apprend-on.

Bien que beaucoup de choses restent à faire pour gérer la pénurie d’eau, Allianz pense que les progrès dans la libéralisation du marché de l’électricité devraient accélérer la transition vers les énergies renouvelables.

Par Lamia El Ouali
Le 06/02/2024 à 20h32