Retraites: l’État financera la hausse de la pension minimale sans solliciter les caisses, assure Fouzi Lekjaa

Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie et des Finances et de la Performance publique.

Invité de l’émission «Saât Assaraha» sur 2M, mercredi soir, le ministre de l’Économie et des Finances et de la Performance publique a affirmé que le relèvement de la pension minimale, prévu par le PLF 2027, serait financé par le budget de l’État, sans faire peser cette charge sur les caisses de retraite. Fouzi Lekjaa a également annoncé une accélération de la réforme globale du système, appelée à passer rapidement de la concertation aux décisions.

Le 28/10/2026 à 22h27

C’est sa première sortie médiatique depuis sa nomination à la tête du ministère de l’Économie et des Finances et de la Performance publique. Alors que le Parlement a entamé l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2027, Fouzi Lekjaa a consacré une partie de son intervention dans l’émission «Saât Assaraha», diffusée mercredi soir sur 2M, au dossier sensible des retraites.

Au sujet du relèvement progressif de la pension minimale à 3.000 dirhams par mois à l’horizon 2031, le ministre a indiqué que cette mesure devrait bénéficier à quelque 500.000 personnes, pour un coût annuel estimé à environ 3 milliards de dirhams.

«Ce coût ne sera pas supporté par les caisses de retraite. C’est un choix social», a expliqué Fouzi Lekjaa. L’État prendra ainsi en charge le financement de cette revalorisation, afin que son coût ne pèse pas directement sur les équilibres financiers des régimes concernés.

La hausse doit s’inscrire dans une trajectoire progressive. Le PLF 2027 prévoit une première revalorisation de la pension minimale à 1.700 dirhams par mois à compter de janvier 2027, avec pour objectif d’atteindre 3.000 dirhams à l’horizon 2031.

L’enjeu est de relever le niveau des pensions les plus faibles sans aggraver les contraintes financières des régimes de retraite. En faisant supporter cette dépense au budget de l’État, le gouvernement entend distinguer cette mesure à caractère social de la problématique plus large de l’équilibre des caisses.

«Nous allons passer aux décisions»

Au-delà de cette revalorisation, Fouzi Lekjaa a abordé la réforme globale du système de retraite, attendue depuis plusieurs années. Interrogé sur la poursuite des réunions de la commission technique chargée du dossier, le ministre a indiqué que les discussions devaient désormais laisser place aux arbitrages.

«Nous allons présenter la réforme le plus rapidement possible», a-t-il affirmé, avant de préciser: «Nous allons passer aux décisions.»

La réforme devra répondre aux déséquilibres structurels des différents régimes et assurer leur soutenabilité financière à long terme. Sur ce point, le ministre a tenu à rassurer les affiliés: «Les droits acquis des adhérents seront préservés.»

La situation des retraités percevant des pensions supérieures au futur minimum de 3.000 dirhams reste également à l’étude. Fouzi Lekjaa a indiqué que le gouvernement examinerait les marges de manœuvre disponibles afin d’identifier des solutions pour le système des retraites.

Par Wadie El Mouden
Le 28/10/2026 à 22h27