La préfecture d’Aïn Chock s’apprête à démolir le plus important foyer de bidonvilles de Casablanca

Démolition d'un bidonville à Casablanca. (Photo d'illustration)

Revue de presseLes autorités locales d’Aïn Chock ont annoncé aux habitants de Douar Sidi Messaoud, l’un des plus importants foyers de bidonvilles de Casablanca, le lancement des opérations de démolition dans les deux semaines à venir. Si la population recensée doit bénéficier d’appartements dans le cadre du relogement, l’opération se heurte à un flou persistant autour des listes de bénéficiaires, à des soupçons de favoritisme et à un éloignement qui fragilise un peu plus le quotidien des familles déplacées. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 28/10/2026 à 22h13

Les autorités locales d’Aïn Chock ont informé, en début de semaine, les habitants de Douar Sidi Messaoud, l’un des plus grands ensembles de bidonvilles de Casablanca, du lancement des opérations de démolition dans les deux semaines à venir. La population couverte par le dernier recensement bénéficiera d’appartements dans le cadre de l’opération de relogement des habitants des bidonvilles.

«Les avertissements des auxiliaires d’autorité, qui marquent le début du compte à rebours avant l’évacuation définitive, exercent une pression psychologique sur les familles et les contraignent à organiser leur déménagement sans soutien logistique ou financier suffisant pour couvrir les frais engagés», rapporte Al Akhbar dans son édition du jeudi 29 octobre.

Le flou entourant l’élaboration et le contrôle des listes de bénéficiaires figure en tête des difficultés qui entravent l’efficacité des opérations de relogement. Des violations et des manipulations ont été relevées dans l’octroi de privilèges à des personnes qui ne remplissent pas les conditions de résidence dans les quartiers concernés par les décisions de relogement. En revanche, des ayants droit en sont privés sous prétexte du non-respect des conditions administratives et du caractère limité du quota alloué.

Ces irrégularités ne se limitent pas aux listes: elles touchent également aux dimensions urbanistique et territoriale des opérations de relogement, puisque les autorités déplacent les familles du cœur du tissu urbain de Casablanca vers des ensembles résidentiels situés dans des périphéries lointaines, en banlieue et dans des zones semi-urbaines. Ces zones sont, pour la plupart, dépourvues des conditions de vie les plus élémentaires, notamment des services essentiels de transport, des écoles, des dispensaires et des marchés de proximité.

«Ces déplacements affectent donc le quotidien des familles relogées, dont la subsistance dépend d’activités informelles et de petits métiers exercés au centre de Casablanca», écrit Al Akhbar.

Lors des travaux de sa session ordinaire, le conseil de la ville de Casablanca a fixé une échéance pour déclarer la ville sans bidonvilles, les autorités locales s’engageant à clore ce dossier à l’horizon 2028.

Par Hassan Benadad
Le 28/10/2026 à 22h13