La longueur des délais d’attente pour obtenir un rendez-vous médical suscite une polémique croissante dans les hôpitaux publics relevant de la direction régionale de la santé de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Les patients dénoncent notamment les délais nécessaires pour passer un scanner ou consulter un médecin spécialiste, ainsi que l’insuffisance criante de l’offre de soins psychiatriques à l’hôpital Errazi de Tétouan.
«Selon des sources bien informées, les dates des rendez-vous pour un examen au scanner vont jusqu’au mois de mars de l’année prochaine, alors que les patients demandent à pouvoir passer cet examen plus tôt», rapporte Al Akhbar dans son édition du jeudi 29 octobre. Les patients réclament également une amélioration de la qualité des services de santé et une solution aux problèmes d’orientation d’un hôpital provincial à l’autre, qui entraînent des souffrances et des dépenses supplémentaires pour les populations modestes et vulnérables.
Les mêmes sources indiquent que le ministre de la Santé, Younes Bjijou, devra s’attaquer à plusieurs dossiers brûlants dans le nord du Royaume: les dysfonctionnements des services de santé publique, le manque de médecins spécialistes et le recours à des mesures palliatives pour assurer le fonctionnement de services sensibles. Il lui faudra examiner l’ensemble des dossiers en suspens, remédier à l’engorgement des hôpitaux, prendre en compte les revendications exprimées par les syndicats et garantir l’accès à des soins de qualité, conformément au droit constitutionnel à la santé.
Les acteurs qui suivent les questions de santé à Tétouan et à M’diq attendent les décisions du nouveau ministre sur le redéploiement des ressources humaines, l’organisation des horaires de travail, l’amélioration de l’accueil et des soins dans l’ensemble des établissements hospitaliers, ainsi que l’achèvement des projets sanitaires. Selon ces observateurs, une véritable réforme du secteur de la santé publique dans ces deux villes est nécessaire pour résoudre les problèmes d’orientation des patients entre les hôpitaux.
«Il faut également mettre fin aux souffrances des malades et aux lourdes dépenses qu’ils doivent supporter», écrit Al Akhbar. Le quotidien évoque aussi les conflits entre équipes médicales sur la possibilité de prendre en charge les patients dans les hôpitaux locaux plutôt que de les orienter vers d’autres établissements. Il souligne enfin la nécessité de remédier au non-respect des horaires de travail et de répondre aux soupçons selon lesquels certains professionnels se soustrairaient à leurs obligations et à leurs responsabilités.
L’implantation de l’hôpital psychiatrique dans des quartiers marginalisés ne permet pas non plus d’offrir le cadre et les infrastructures nécessaires à des soins de qualité. Le ministère de la Santé est donc tenu de soutenir la démarche engagée par les autorités provinciales pour construire un nouvel hôpital en périphérie de la ville et de mettre à disposition toutes les infrastructures nécessaires.


