Obligations sécurisées, cyberrisques et service client: les banques à l’heure de nouvelles exigences

Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib.

Revue de presseÀ l’issue d’une réunion décisive du Comité des établissements de crédit, dix nouveaux textes réglementaires viennent réformer en profondeur le paysage bancaire marocain. Entre diversification des modes de refinancement, renforcement de la sécurité numérique et exigences accrues en matière de qualité de l’accueil des clients, la Banque centrale trace une feuille de route ambitieuse pour concilier solidité financière et modernisation des services. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Éco.

Le 26/10/2026 à 21h08

Le cadre réglementaire du secteur bancaire marocain franchit une étape charnière avec l’avis favorable émis par le Comité des établissements de crédit sur dix nouveaux textes fondamentaux. Réunie à Rabat sous la présidence du wali de Bank Al-Maghrib, cette instance consultative rassemble l’ensemble des acteurs majeurs du secteur financier, du ministère des Finances aux associations professionnelles. «Derrière cette avancée technique majeure se dessine une feuille de route stratégique structurée autour de quatre priorités interconnectées: la diversification des modes de refinancement, la résilience face aux risques numériques, l’alignement sur les standards internationaux de conformité et l’amélioration de la relation avec la clientèle», rapporte le quotidien Les Inspirations Éco du 27 octobre.

Le cœur de cette réforme repose sur sept circulaires d’application consacrées à l’opérationnalisation de la loi relative aux obligations sécurisées. Ce mécanisme novateur offre aux banques ainsi qu’à la Caisse de dépôt et de gestion la faculté d’émettre des titres de dette adossés à des portefeuilles de créances de premier ordre, qu’il s’agisse de créances hypothécaires ou de prêts accordés aux collectivités locales et aux entreprises publiques.

En introduisant ce levier permettant d’adapter ses ressources à ses engagements de long terme, le secteur bancaire cherche à réduire sa dépendance structurelle à l’égard des dépôts à vue, tout en stimulant le financement de l’immobilier et des équipements publics, sans pour autant garantir une baisse automatique des taux d’intérêt pour les emprunteurs.

Le secteur bancaire marocain franchit une étape importante dans la modernisation et la consolidation de son cadre réglementaire. Réuni à Rabat dans sa composition élargie, le Comité des établissements de crédit a émis un avis favorable sur dix textes clés soumis par Bank Al-Maghrib. «Couvrant des domaines aussi variés que la diversification du refinancement, la résilience numérique, la conformité internationale et l’amélioration de la relation client, ce chantier global vise à concilier la solidité financière du système bancaire avec les nécessités de transformation et d’accompagnement de l’économie nationale», souligne Les Inspirations Éco.

Au cœur de cette réorganisation, l’opérationnalisation de la loi relative aux obligations sécurisées mobilise à elle seule sept circulaires. Ce dispositif permet aux établissements agréés d’émettre des titres de dette adossés à des portefeuilles de créances garanties, de nature hypothécaire ou publique.

Assorti d’un excédent de couverture minimal de 5% et d’un encadrement strict de la gestion des actifs, cet instrument vise à fournir aux banques des ressources stables de long terme tout en élargissant les options de placement pour les investisseurs institutionnels. Toutefois, l’effet réel de ces émissions sur la baisse du coût du crédit restera tributaire des conditions de marché et de l’appétit des acteurs financiers.

Parallèlement à la restructuration des ressources de bilan, l’accent est mis sur la maîtrise des risques opérationnels et sécuritaires. L’essor rapide de la digitalisation et la recrudescence des cyberattaques ont motivé une nouvelle directive encadrant la résilience numérique des établissements. L’objectif dépasse la simple protection des données pour imposer une continuité globale du service en cas d’incident informatique. «Sur le plan de la conformité internationale, le comité a validé un ajustement des règles de vigilance relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, alignant ainsi le dispositif national sur les derniers standards du Groupe d’action financière (GAFI)», note le quotidien

L’attention portée à la relation avec les usagers constitue le dernier axe majeur de ce paquet réglementaire. Elle est motivée par une hausse marquée des réclamations auprès de la Banque centrale. Les contestations, qui touchent principalement la gestion des comptes et les moyens de paiement, ainsi que les résultats récents des missions d’observation en agence, ont révélé un besoin d’amélioration de la qualité de l’accueil et de la clarté de l’information tarifaire. La nouvelle directive vise à formaliser des normes minimales de prise en charge des clients et de suivi de leur satisfaction, afin de combler ces lacunes et de renforcer durablement leur confiance.

Instance consultative stratégique présidée par le wali de Bank Al-Maghrib, le Comité des établissements de crédit réunit des représentants du ministère des Finances, de la Banque centrale et des différentes associations professionnelles du secteur. Au-delà des chantiers nationaux, l’instance a également appuyé une convention de coopération bilatérale en matière de contrôle bancaire avec la Banque centrale de l’Ouganda, traduisant l’expansion et l’intégration croissantes des groupes bancaires marocains à l’échelle continentale.

Par La Rédaction
Le 26/10/2026 à 21h08