Le marché du travail marocain a perdu des emplois et vu le chômage progresser au troisième trimestre 2026. Selon la note d’information du Haut-Commissariat au Plan (HCP) issue de l’Enquête sur la main-d’œuvre (EMO), le nombre de personnes en emploi contre revenu s’établit à 10.470.000. C’est une baisse nette de 173.000 personnes (-1,6%) par rapport au deuxième trimestre. Le taux de chômage strict atteint 10,5%, en hausse de 0,9 point sur la même période.
Le taux composite de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, qui mesure l’ensemble des besoins de travail non satisfaits, ressort à 19,6%, contre 18,9% au trimestre précédent (+0,7 point). Les écarts restent importants selon les catégories de population. Ce taux atteint 44,5% chez les jeunes de 15-24 ans et 28,5% chez les femmes. Le chômage strict touche lui aussi plus durement ces deux catégories: 30,5% chez les jeunes et 16,7% chez les femmes. Sur le plan territorial, les écarts sont également marqués.
Ces résultats proviennent du nouveau cadre conceptuel adopté par le HCP. L’EMO se substitue à l’Enquête nationale sur l’emploi (ENE) et introduit la notion d’emploi contre revenu, défini comme tout travail exercé contre rémunération ou en vue d’un profit individuel ou familial. Le chômage strict ne couvre que les personnes sans emploi contre revenu, qui recherchent activement un emploi de ce type et sont disponibles pour l’occuper. Le HCP précise que les résultats de l’EMO ne sont pas directement comparables à ceux de l’ENE.
Le taux de chômage strict par catégorie de population au 2e trimestre 2026. (Source : HCP)

Le dispositif repose sur un échantillon élargi à 135.000 ménages par an, une base de sondage actualisée à partir du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024 et un nouveau schéma de rotation. Celui-ci prévoit un chevauchement de 50% entre deux trimestres consécutifs et de 50% entre le même trimestre de deux années successives. Le HCP y voit une précision accrue, notamment à l’échelle infranationale. L’EMO remplace aussi l’approche fondée sur le seul chômage par quatre indicateurs de sous-utilisation de la main-d’œuvre.
La main-d’œuvre, qui regroupe les personnes en emploi contre revenu et celles au chômage strict, compte 11.694 000 personnes, soit 70.000 de moins qu’au deuxième trimestre. Près de 64,1% d’entre elles résident en milieu urbain. Les femmes représentent 21,7% de la main-d’œuvre, alors qu’elles constituent 70,6% de la population hors de la main-d’œuvre.
La baisse de 173.000 postes en emploi contre revenu se concentre principalement en milieu rural, où l’on compte 148.000 personnes en emploi de moins, contre 25.000 en milieu urbain. Le HCP souligne que ces chiffres décrivent des variations nettes entre deux trimestres et ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une destruction structurelle d’emplois. Ces évolutions peuvent refléter, selon l’institution, des facteurs structurels, des effets saisonniers et des facteurs conjoncturels ponctuels.
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Le taux d’emploi contre revenu s’établit à 37,4% au niveau national, contre 38,2% au trimestre précédent. Il recule de 1,6 point en milieu rural, se situant à 40,0% et de 0,3 point en milieu urbain (36%). Chez les hommes, il passe de 61,1% à 59,9% ; chez les femmes, de 15,4% à 15%.
Les services demeurent le premier pourvoyeur d’emploi contre revenu, avec 5.155.000 personnes (49,2% du total). Ils sont suivis par l’agriculture, la sylviculture et la pêche (23,2%), l’industrie (14,6%) et la construction (12,9%). En milieu urbain, 64,2% des personnes en emploi travaillent dans les services et 18,9% dans l’industrie. En milieu rural, l’agriculture, la sylviculture et la pêche regroupent 54,1% des personnes en emploi, devant les services (24,1%).
Entre les deuxième et troisième trimestres, l’industrie est le seul secteur à créer des postes en net, avec 69.000 emplois supplémentaires (+4,8%). L’agriculture, la sylviculture et la pêche perdent 145.000 postes (-5,6%), les services 96.000 (-1,8%) et la construction 3.000 (-0,2%).
Les jeunes et les diplômés les plus touchés
Le nombre de personnes au chômage strict s’élève à 1.224 000, en hausse de 103.000 par rapport au deuxième trimestre. Cette progression résulte de 46.000 chômeurs de plus en milieu urbain, et 57.000 en milieu rural. Les citadins représentent 76,4% des chômeurs stricts, et les femmes 34,6%.
Le taux de chômage strict atteint 10,5% au niveau national, 12,5% en milieu urbain et 6,9% en milieu rural. Il progresse de 0,9 point sur le trimestre. En milieu rural, il bondit de 1,5 point à 6,9% ; en milieu urbain, il gagne 0,6 point à 12,5%. Au premier trimestre 2026, le taux national était de 10,8%.
Selon le sexe, le taux grimpe de 1,9 point chez les femmes, à 16,7% (contre 14,8%), et de 0,6 point chez les hommes, à 8,7% (contre 8,1%). L’écart entre les deux sexes reste donc proche du double.
Les jeunes de 15-24 ans demeurent la catégorie la plus exposée, avec un taux de 30,5%, en hausse de 3,3 points sur le trimestre. Chez les 25-34 ans, il passe de 14,5% à 16%. Pour les 35-44 ans et les 45 ans et plus, il stagne, avec des hausses de 0,2 et 0,1 point seulement.
Le taux de chômage strict augmente pour toutes les catégories de diplômés. Les détenteurs d’un diplôme intermédiaire passent de 16% à 18,1% et ceux d’un diplôme avancé de 16,7% à 18,1%. Il atteint 11,6% chez les titulaires d’un diplôme de base et 4,7% chez les personnes sans diplôme.
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Le taux de participation à la main-d’œuvre recule de 0,4 point, de 42,2% à 41,8%. Il s’établit à 65,6% chez les hommes, en recul de 0,8 point, et reste stable à 18,1% chez les femmes. La hausse du taux composite de sous-utilisation est de 1,5 point en milieu rural et de 0,2 point en milieu urbain. Elle est de 1,7 point chez les femmes (de 26,7% à 28,5%) et de 0,4 point chez les hommes (de 16,6% à 17,0%). Les variations les plus marquées concernent les jeunes de 15-24 ans (+2,8 points à 44,5%) et les titulaires d’un diplôme intermédiaire (+2,4 points à 28,8%). Le taux était de 22,5% au premier trimestre.
Au total, 2,4 millions de personnes sont concernées par l’une des trois formes de sous-utilisation de la main-d’œuvre, soit 80.000 de plus qu’au trimestre précédent. Parmi elles, 50,2% sont au chômage strict, 29,9% relèvent de la main-d’œuvre potentielle et 19,9% sont en sous-emploi lié à la durée de travail.
Les deux indicateurs complémentaires progressent également. Le taux combiné du chômage strict et de la main-d’œuvre potentielle passe de 14,7% à 15,7%. Le taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée de travail passe de 14% à 14,6%.




