En consacrant une place importante à l’économie dans son nouveau programme électoral, le Mouvement Populaire affiche clairement son ambition de se repositionner sur l’échiquier politique national. Sur les onze axes que compte le «projet sociétal» présenté récemment par le parti de l’épi, trois relèvent directement du domaine économique.
Premier axe fort du programme, la protection du pouvoir d’achat et la garantie d’une souveraineté de consommation. Le MP propose la mise en place d’un compte fiscal social pour chaque famille marocaine. Ce dispositif permettrait notamment de déduire une partie des frais de scolarité privée de l’impôt sur le revenu, grâce à une plateforme numérique connectant directement les familles aux établissements.
Dans le même esprit de transparence, le parti prévoit la création d’une plateforme nationale de suivi et de traçabilité des prix, couvrant toute la chaîne de valeur, de la production à la distribution. Objectif: lutter contre les spéculations et mieux encadrer les fluctuations des prix.
Autre mesure phare, l’instauration d’une trêve à l’exportation pour certains produits de base lorsque les prix sur le marché local s’envolent. Ce mécanisme serait accompagné d’une exonération totale des droits de douane sur les intrants agricoles pour soutenir les petits producteurs.
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Le deuxième axe s’attaque à l’un des défis majeurs du pays, à savoir l’emploi des jeunes. Le MP propose une transformation radicale de la relation entre l’entrepreneur et l’administration à travers une application baptisée «Mon entreprise dans mon téléphone». Cette plateforme regrouperait l’ensemble des démarches administratives, de la création d’entreprise aux déclarations fiscales, en passant par les autorisations et les paiements.
Le programme prévoit également la création d’une identité numérique de l’entrepreneur, basée sur des données biométriques, permettant une signature électronique reconnue légalement, ainsi qu’un assistant virtuel intelligent pour accompagner les porteurs de projets.
Dans une logique d’incitation, le MP propose la mise en place de «cités des entrepreneurs» dans toutes les régions, offrant des locaux gratuits pendant deux ans aux TPME, sous condition de création d’emplois. Ces entreprises bénéficieraient en outre d’une exonération fiscale totale jusqu’à un chiffre d’affaires d’un million de dirhams, avant une transition progressive vers l’imposition.
Enfin, le parti prône une réforme en profondeur des organismes d’intermédiation, avec la transformation de l’OFPPT en autorité de régulation, l’introduction d’un chèque formation pour les jeunes et la refonte de l’ANAPEC en plateforme numérique de mise en relation directe entre employeurs et candidats.
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Troisième pilier du programme, la relance de l’économie à travers le renforcement des TPME. Le MP propose une série de mesures pour mettre fin à ce qu’il qualifie d’«agonie lente» des petites entreprises.
Au cœur de cette stratégie, une plateforme nationale unifiée couvrirait tout le cycle contractuel, avec des mécanismes automatiques garantissant les délais de paiement. Les factures deviendraient exécutoires dès le premier jour de retard, avec sanctions progressives contre les mauvais payeurs.
Le parti introduit également des instruments innovants comme les sukuks de performance pour transformer les créances en liquidités, ainsi qu’un fonds d’urgence pour soutenir les entreprises en difficulté.
Sur le plan fiscal, une paix fiscale permanente est proposée. Les entreprises qui régularisent volontairement leur situation bénéficieraient d’une exonération des pénalités, tandis que les sanctions seraient durcies contre les fraudeurs persistants.
En matière d’export, le MP ambitionne de porter le nombre d’entreprises exportatrices à 12.000 grâce à une plateforme numérique dédiée, à la mobilisation du réseau diplomatique et à la création de centres d’achat nationaux facilitant les opérations logistiques.
Enfin, pour éviter l’inefficacité des politiques publiques, une cellule de pilotage et d’évaluation directement rattachée au Chef du gouvernement serait chargée du suivi des réformes, avec des indicateurs de performance stricts et des mécanismes de responsabilité pour les gestionnaires publics.
À travers ces trois axes, le Mouvement Populaire propose une vision économique articulée autour de la digitalisation, de la simplification administrative et d’une intervention ciblée de l’État pour réguler les marchés et soutenir les acteurs économiques. Un programme ambitieux qui cherche à concilier efficacité économique, justice sociale et souveraineté nationale.




