Le Maroc ouvre une enquête anti-dumping sur les étoffes pour couvertures en provenance de Chine et d’Égypte

Le ministère de l'Industrie et du commerce a estimé que les données sont suffisamment documentées et a conclu à l’existence d’une marge de dumping élevée, nettement supérieure au seuil minimal de 2%.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé, dans un avis public daté du 22 mai 2026, l’ouverture officielle d’une enquête antidumping visant les importations d’étoffes à longs poils destinées à la fabrication de couvertures, en provenance de Chine et d’Égypte.

Le 25/05/2026 à 11h26

Cette procédure fait suite à une requête déposée par les sociétés marocaines Mazafil et Cosyfil, qui accusent ces importations de pratiques de dumping et d’exposer la production nationale à une menace de dommage important. Les deux entreprises demandent l’instauration de mesures de défense commerciale pour protéger le marché local.

Le produit concerné par l’enquête est constitué d’étoffes de bonneterie à longs poils en fibres synthétiques (100 % polyester), teintes ou imprimées, présentées en rouleaux de plus de 150 cm de largeur. Ces tissus sont principalement utilisés pour la fabrication de couvertures, qu’elles soient lourdes ou légères.

Selon les éléments fournis dans la requête, les pratiques de dumping reposent sur une comparaison entre la valeur normale (prix sur le marché domestique) et les prix à l’exportation vers le Maroc.

Pour la Chine, les estimations s’appuient sur des factures de ventes locales et d’exportation, ajustées pour correspondre au stade «sortie usine».

Pour l’Égypte, la valeur normale a été reconstruite à partir des coûts de production, majorés de frais administratifs et commerciaux ainsi que d’une marge bénéficiaire raisonnable.

Dans les deux cas, le ministère estime que les données sont suffisamment documentées et conclut à une marge de dumping élevée, largement supérieure au seuil minimal de 2%.

Une menace pour l’industrie nationale

L’analyse des importations révèle une hausse continue des volumes en provenance de Chine et d’Égypte depuis 2022. Parallèlement, les prix pratiqués présentent une sous-cotation significative par rapport à ceux du marché national.

Ces éléments laissent présager, selon les autorités, une menace sérieuse pour la branche de production nationale, susceptible d’affecter ses performances économiques.

Après examen du dossier, et conformément à l’article 17 de la loi n°15-09 relative aux mesures de défense commerciale, le ministère a jugé la requête recevable et suffisamment étayée. L’ouverture de l’enquête a été décidée après avis de la Commission de surveillance des importations, réunie le 8 mai 2026.

L’enquête vise à déterminer l’existence effective du dumping, son ampleur et ses impacts sur l’industrie nationale. Elle impliquera la collecte et la vérification de données auprès des exportateurs étrangers, des importateurs marocains et des producteurs locaux.

Les conclusions de cette enquête pourraient déboucher sur l’imposition de droits antidumping, afin de rétablir des conditions de concurrence équitables sur le marché marocain.

Par La Rédaction
Le 25/05/2026 à 11h26