Le Conseil de la concurrence dresse un bilan sévère d’une année record

Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence.. MAP

Revue de presseAvec 202 décisions et avis rendus en 2025, le régulateur de la concurrence dresse un bilan marqué par une hausse des contrôles de concentrations. Ainsi, plus de 43 millions de dirhams de sanctions pécuniaires sont tombés, et des interventions ciblées ont été menées dans des secteurs clés comme l’agroalimentaire, le numérique et la santé. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News Hebdo.

Le 18/10/2026 à 20h22

L’année 2025 a marqué une étape particulièrement intense dans l’activité du Conseil de la concurrence, qui a dressé un bilan exhaustif de ses interventions à travers la publication de son dernier rapport annuel. Au cours de cette période, la juridiction administrative aura rendu pas moins de deux cent deux décisions et avis, ce qui vient témoigner d’une vigilance accrue sur le fonctionnement des marchés nationaux. Cette dynamique générale traduit une volonté affirmée: réguler en profondeur le tissu économique, préserver un environnement loyal pour l’ensemble des acteurs et protéger le pouvoir d’achat des consommateurs, face aux dérives antitrust, indique le magazine Finances News Hebdo.

Au cœur même de ce dispositif, le contrôle des concentrations économiques, qui s’impose, plus que jamais, comme le chantier majeur de cette institution, concentrant à lui seul cent quatre-vingt-dix décisions formelles, ce qui représente une hausse notable de plus de 17% comparativement à l’exercice précédent, et ce qui vient illustrer une dynamique persistante: celle des restructurations et des investissements de capitaux.

Si la quasi-totalité de ces opérations a reçu l’aval du régulateur, les engagements financiers en jeu dépassent les deux mille milliards de dirhams. Il convient toutefois d’observer que dans leur écrasante majorité, ces volumes financiers émanent d’opérations internationales impliquant des entités étrangères, et ce, même si des montants significatifs ont également soutenu le tissu entrepreneurial marocain.

Sur le front du contentieux et du respect strict des règles de marché, le gendarme de la concurrence a fait preuve d’une fermeté renouvelée en prononçant des sanctions pécuniaires globales dépassant les 43 millions de dirhams. Plusieurs dossiers emblématiques ont su retenir l’attention, en particulier les manquements constatés dans la réalisation d’opérations sans notification préalable. De plus, l’institution est intervenue de manière décisive sur le secteur en pleine expansion des plateformes de livraison de repas. L’accord transactionnel conclu avec l’opérateur Glovo illustre cette rigueur, imposant la suppression des clauses d’exclusivité jugées restrictives, une plus grande transparence sur les algorithmes de classement ainsi qu’un plafonnement strict des commissions appliquées aux commerçants partenaires.

En plus de sa fonction répressive, le Conseil a exercé son rôle consultatif en émettant une série d’avis stratégiques sur des secteurs sensibles de l’économie nationale. Les analyses consacrées aux circuits de distribution alimentaire ont notamment permis d’exhumer des tensions significatives sur les marges, brutes, de certains produits de grande consommation. Face aux déséquilibres récurrents observés entre fournisseurs et grands distributeurs, le rapport préconise un encadrement plus rigoureux des relations commerciales de même qu’une transparence renforcée sur la formation des prix, garante de l’équité des échanges au bénéfice du consommateur final, lit-on dans Finances News Hebdo.

Les réflexions menées sur les marchés industriels clés, tels que le ciment, le rond à béton et la meunerie, révèlent, là aussi, d’importants défis structurels. Dans le domaine cimentier, la forte concentration des capacités de production et l’existence de barrières à l’entrée substantielles pèsent sur le libre jeu de la concurrence. De leur côté, les filières céréalières souffrent d’une dépendance structurelle aux importations et d’un système de subventions générant parfois des distorsions de marché. Pour y remédier, l’institution préconise un meilleur ciblage des aides publiques, et une refonte progressive des mécanismes d’appui à la transformation.

Le secteur pharmaceutique, de même que l’ensemble de la chaîne de santé ont fait l’objet d’un diagnostic sans concessions, des critiques ayant été émises envers les fragilités financières qui sont venues lézarder les relations entre grossistes-répartiteurs et pharmaciens d’officine. La compression des marges et le poids des charges d’exploitation imposent une modernisation rapide de la chaîne d’approvisionnement des médicaments. Le régulateur préconise donc une réforme globale des modes de rémunération, une révision drastique des prix ainsi que la promotion renforcée de l’ensemble des médicaments génériques. Ce travail, titanesque, aura mobilisé toutes des formations du Conseil, qui aura tenu pas moins de trois cents réunions tout au long de l’année pour mener à bien toutes ses missions.

Par La Rédaction
Le 18/10/2026 à 20h22