Le secteur du béton prêt à l’emploi (BPE) traverse une phase critique, qualifiée de «spirale dégradante» par le Conseil de la concurrence. Pour y remédier, l’Association marocaine des bétons et produits préfabriqués (AMBPE) a présenté, lundi 27 avril, un plan d’action en six points à Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, indique le quotidien Les Inspirations Éco. Ce dernier a réaffirmé l’importance stratégique des matériaux de construction pour les grands chantiers du Maroc et s’est engagé à renforcer la concertation avec les professionnels.
Le secteur des matériaux de construction, et plus particulièrement celui du BPE, fait face à des défis majeurs. Lors d’une rencontre organisée par la Fédération marocaine des industries des matériaux de construction (FMC), l’AMBPE a exposé une série de mesures pour redresser la situation. Parmi les propositions phares: l’agrément obligatoire des centrales à béton, avec une certification pour les marchés privés et un niveau PAQ 3 exigé pour les marchés publics. L’association a également plaidé pour la qualification des laboratoires intervenant dans les marchés privés, sur le modèle des marchés publics, ainsi que pour la mise à jour des cahiers des prescriptions spéciales (CPS) afin de les aligner sur la norme NM EN 206.
D’autres pistes ont été avancées, comme l’évaluation de l’obligation de posséder une centrale dans la qualification des entreprises de BTP et le lancement d’un programme national de formation et de certification des métiers du béton, s’appuyant sur le MOOC Béton existant, écrit Les Inspirations Éco. Ces propositions s’inscrivent dans une volonté de professionnalisation du secteur, alors que le Conseil de la concurrence a pointé, dans son avis A/3/25, une «spirale dégradante pour les opérateurs conformes». En clair, les entreprises respectant les normes et investissant dans la qualité sont pénalisées par une concurrence déloyale.
Au-delà du BPE, les discussions ont porté sur des enjeux transversaux aux matériaux de construction. La qualité des produits disponibles sur le marché national (sables, mortiers et BPE en tête) a été au cœur des échanges, tout comme la réglementation et les plans régionaux de gestion des carrières. Le renforcement des mécanismes de contrôle et de traçabilité, la révision du cadre fiscal du secteur et l’organisation d’un séminaire sur la norme EN 206 ont également été évoqués, a-t-on pu lire dans Les Inspirations Éco.
Nizar Baraka a souligné le rôle-clé des matériaux de construction dans la réalisation des grands chantiers du Maroc, qu’il s’agisse d’infrastructures hydrauliques, de routes, de ports ou de programmes de logement. Le ministre a confirmé la volonté de son département d’intensifier le dialogue avec les professionnels, avec des réunions de suivi déjà programmées avec le directeur des Affaires techniques et des Relations avec la profession (DATRP). L’AMBPE a assuré de sa mobilisation pour accompagner cette démarche.



