La grande vitesse, nouvel architecte du tourisme

Le lancement de la Ligne grande vitesse sera l'un des évènements marquants de l'année 2018.

Le train rapide s’impose comme un puissant moteur de transformation touristique . DR

Revue de presseEn reliant les grandes métropoles par un axe à grande vitesse modernisé, le Maroc ne se contente pas de réduire les distances, mais redessine entièrement sa carte touristique. Entre défis d’intermodalité, enjeux écologiques et désenclavement des territoires, l’extension de la ligne ferroviaire Kénitra-Marrakech ambitionne de transformer le séjour des visiteurs en une expérience fluide et décarbonée. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 11/08/2026 à 19h31

La révolution ferroviaire à grande vitesse redéfinit profondément les contours du voyage contemporain. En compressant les temps de parcours, en affranchissant les voyageurs des aléas du réseau routier et en facilitant les itinéraires multi-étapes, le train rapide s’impose comme un puissant moteur de transformation touristique. «Dans cette perspective, l’extension de la ligne à grande vitesse vers Marrakech marque une étape décisive dans la recomposition du paysage touristique marocain, offrant au Royaume une nouvelle géographie de la mobilité», indique le magazine Finances News Hebdo.

Inscrit au cœur d’un ambitieux programme national de développement ferroviaire doté d’un budget global de 96 milliards de dirhams, le tronçon Kénitra-Marrakech constitue la pierre angulaire de ce projet d’envergure. S’étirant sur 430 kilomètres, ce tracé prolonge l’axe inaugural Tanger-Kénitra pour relier de manière continue Rabat, Casablanca, l’aéroport international Mohammed V et Marrakech. Alors que les chantiers ont franchi un cap significatif avec un taux de réalisation atteignant 30% au premier semestre de l’année 2026, l’échéance d’une mise en service avant 2030 s’aligne stratégiquement sur la préparation des grandes affaires sportives et culturelles mondiales que le pays s’apprête à accueillir.

Pour l’écosystème touristique, le gain d’attractivité s’avère immédiat. L’interconnexion rapide transforme la perception même du territoire. Désormais, des métropoles autrefois envisagées comme des destinations distinctes s’articulent en un corridor fluide et cohérent. Pour les visiteurs internationaux comme pour les voyageurs nationaux, la distance psychologique s’efface devant la régularité et la vitesse du rail. «Le tourisme intérieur s’en trouve revigoré, facilitant les escapades de fin de semaine, les retrouvailles familiales et la mobilité spontanée entre les grands centres urbains du pays», souligne Finances News.

La centralité de l’aéroport Mohammed V de Casablanca ressort renforcée de cette dynamique. En créant une passerelle ferroviaire directe et performante vers la capitale administrative et la capitale touristique, le hub casablancais s’affirme comme une porte d’entrée multimodale d’exception. Le voyageur débarquant à Casablanca peut envisager son séjour comme un itinéraire intégré à travers le pays, plutôt que comme un séjour figé.

Cependant, la grande vitesse ne saurait constituer une réponse universelle aux enjeux de désenclavement territorial. De nombreuses régions emblématiques, de la côte atlantique sud, comme Agadir ou Essaouira, jusqu’aux portes du désert, à Ouarzazate, Merzouga, Guelmim ou Dakhla, demeurent en dehors du réseau à grande vitesse. Pour éviter une accentuation des déséquilibres entre les pôles majeurs et les territoires émergents, le développement de liaisons aériennes régionales, la modernisation des axes routiers, l’amélioration de l’offre d’autocars et l’optimisation du réseau ferroviaire classique restent des chantiers tout aussi prioritaires.

Par La Rédaction
Le 11/08/2026 à 19h31