La Banque mondiale accorde 265 millions de dollars pour la station d’Ifahsa, l’un des plus importants projets de stockage d’énergie en Afrique

La façade du siège de la Banque mondiale, à Washington.

La Banque mondiale approuve un financement de 265 millions de dollars pour la réalisation de la station de transfert d’énergie par pompage d’Ifahsa, près de Chefchaouen. Présenté comme l’un des plus importants projets de stockage d’énergie en Afrique, cet investissement doit renforcer l’intégration des énergies renouvelables au Maroc, améliorer la sécurité du réseau électrique et générer d’importantes retombées économiques et environnementales.

Le 02/07/2026 à 10h00

Le conseil des administrateurs de la Banque mondiale (BM) a approuvé, mercredi 1er juillet 2026, un financement de 265 millions de dollars destiné au projet de station de transfert d’énergie par pompage d’Ifahsa au Maroc. «Cet investissement majeur dans les infrastructures d’énergie propre dans le nord du pays est également l’un des plus importants de ce type sur le continent africain», a indiqué l’institution financière internationale dans un communiqué.

Le projet, explique-t-elle, permettra de renforcer la fiabilité et la résilience du système électrique marocain en offrant une capacité de stockage flexible pour accompagner l’intégration d’une part plus importante d’énergies renouvelables. Il garantira ainsi aux ménages et aux entreprises un approvisionnement en électricité plus sûr et plus propre, souligne-t-elle.

Cette station, située à proximité de Chefchaouen, «fonctionnera comme une véritable batterie géante rechargeable pour le réseau électrique national», note la Banque mondiale. Lors des pics de production d’énergie renouvelable -quand le soleil brille ou le vent souffle-, explique-t-elle, l’eau est pompée vers un réservoir supérieur. Elle est ensuite relâchée dans des turbines pour produire de l’électricité au moment où les besoins sont les plus élevés.

Un milliard de dollars d’investissements privés

L’institution internationale relève également l’important rôle socioéconomique du projet. «L’initiative créera de véritables opportunités économiques pour la population», note-t-elle. En effet, estime-t-elle durant la phase de construction, le projet devrait générer environ 820 emplois directs par an. Par la suite, la capacité d’énergies renouvelables qu’il permettra de déployer créera des possibilités d’emploi supplémentaires dans le secteur de l’énergie et au-delà.

De plus, selon la BM, les entreprises marocaines bénéficieront également d’un accès à une électricité plus propre, ce qui renforcera leur positionnement sur des marchés internationaux où les chaînes d’approvisionnement bas-carbone revêtent une importance croissante.

Cette installation de 300 mégawatts permettra au Maroc d’intégrer au moins 1 gigawatt d’énergie solaire et éolienne supplémentaire dans son réseau national, ouvrant ainsi la voie à environ 1 milliard de dollars d’investissements privés, indique la BM. Ce faisant, elle remplacera environ 3 térawattheures d’électricité actuellement produits chaque année à partir de combustibles fossiles, évitant ainsi quelque 1,7 million de tonnes d’émissions de CO₂ par an.

La contribution de la Banque mondiale associe un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), un financement concessionnel du Fonds pour les technologies propres et un don du Fonds pour une planète vivable.

Le projet est également financé par la Banque africaine de développement et mis en œuvre par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

Le cofinancement des deux banques multilatérales de développement illustre, selon la Banque mondiale, comment les partenariats internationaux peuvent mobiliser des ressources en faveur d’investissements dans les énergies propres à grande échelle et accélérer la transition vers un avenir énergétique plus résilient et sobre en carbone.

«Le projet Ifahsa est l’exemple même du type de partenariats transformateurs que nous nous efforçons de bâtir, en réunissant institutions multilatérales et autorités nationales, en mobilisant des capitaux et en investissant dans des infrastructures qui génèrent des dividendes environnementaux, sociaux et économiques», déclare Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte.

«Nous sommes honorés d’œuvrer aux côtés de l’ONEE, conjointement avec la Banque africaine de développement, pour soutenir ce qui est, à ce jour, l’une des initiatives les plus ambitieuses du Maroc en matière d’énergie propre», ajoute-t-il.

Par La Rédaction
Le 02/07/2026 à 10h00