Dans un paysage économique international fracturé par l’onde de choc des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et accéléré par l’essor de l’intelligence artificielle, le Maroc parvient à tracer une trajectoire singulière. «Bien que tributaire de ses importations énergétiques, le Royaume fait preuve d’une résilience remarquable en absorbant les soubresauts de la conjoncture tout en finançant ses chantiers structurants», indique le quotidien L’Économiste dans son édition du mercredi 14 octobre.
Cette assise se vérifie sur la scène internationale, notamment à l’occasion des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, qui se tiennent du 12 au 18 octobre à Bangkok. La délégation marocaine, composée de hauts responsables du ministère de l’Économie et des Finances ainsi que de Bank Al-Maghrib, s’y affirme comme un acteur central des réflexions mondiales. Face à l’envolée des coûts énergétiques qui frappe l’ensemble des pays importateurs, Rabat défend une approche équilibrée capable de concilier discipline budgétaire, investissement productif et sauvegarde de l’emploi.
Sur le front des prix, le pays détonne dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Alors que l’inflation mondiale devrait atteindre 4,7% en 2026 sous la pression du choc énergétique, le rapport sur les perspectives économiques mondiales du FMI, publié ce 13 octobre 2026, anticipe un taux contenu à 0,9% pour le Maroc. «Cette performance traduit la rigueur de la politique monétaire menée par la banque centrale ainsi que l’efficacité des dispositifs nationaux de régulation», note l’Economiste.
Cette maîtrise s’accompagne d’un dynamisme économique soutenu par la demande intérieure et les investissements publics. Les prévisions de croissance pour l’année 2026 s’établissent entre 4% selon l’agence Fitch Ratings et 4,5% selon le FMI, consolidant l’élan de 4,9% enregistré en 2025. Le marché du travail reflète cette bonne tenue des affaires, avec un taux de chômage ramené de 13% en 2025 à 12,2% en 2026.
L’horizon 2027 s’annonce sous le signe de la stabilisation. Le FMI table sur une progression du produit intérieur brut de 4,2%, portée par l’accélération des grands chantiers d’infrastructures liés à la préparation de la Coupe du monde 2030. La déprise inflationniste se confirmerait avec un indice limité à 1,4%, tandis que le chômage poursuivrait son repli à 11,3%. Le déficit du compte courant amorcerait pour sa part sa résorption à 4,1% du PIB.
Ces performances contrastent avec le contexte régional et mondial. Si l’économie de la zone MENA subit une contraction de 2 % en 2026 en raison des perturbations énergétiques et des tensions régionales, avant un rebond projeté à 7% en 2027, le Maroc maintient un cap plus régulier. L’économie mondiale affiche quant à elle des croissances respectives de 3,1% en 2026 et de 3,4% en 2027», souligne L’Économiste.
La solidité des choix macroéconomiques a été réaffirmée le 12 octobre 2026 par l’agence Fitch Ratings, qui a maintenu la note souveraine du Royaume à BB+, assortie d’une perspective stable. Fitch met en avant la qualité des réserves de liquidité extérieure, la fiabilité des politiques publiques et le soutien des partenaires institutionnels. L’élargissement temporaire du déficit budgétaire à 4% du PIB en 2026 s’explique par les mécanismes d’amortissement de la crise énergétique et les investissements majeurs engagés pour les échéances sportives de 2030. Les analystes s’accordent sur un retour du déficit autour de 3,4% sur la période 2027-2028, à la faveur de la réforme des subventions et de la modernisation fiscale, permettant de stabiliser la dette publique autour de 67% du PIB.
Malgré le creusement ponctuel du compte courant en 2026 en raison de l’ouragan énergétique et des besoins d’équipements, la structure financière du pays s’appuie sur des piliers solides. L’attractivité du Royaume pour les investissements directs étrangers ne se dément pas, offrant un relais de financement précieux. Cette stabilité est renforcée par une continuité politique sans faille à l’issue des élections législatives de septembre 2026, garantissant aux bailleurs de fonds une lisibilité à long terme au moment où le pays intensifie ses efforts d’équipement vers 2030.




