Le futur Centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) de Médiouna entre progressivement dans sa phase de concrétisation. Quelques jours après la signature, le 3 août, des contrats de concession avec la Commune de Casablanca, le Conseil communal a approuvé, lors de sa session du 17 août, le projet de convention de mandat qui confie à la société de développement local «Casablanca Baïa» le suivi de ce contrat de gestion déléguée.
Cette convention doit permettre à la commune de se doter d’un dispositif dédié au contrôle et au suivi technique, financier et opérationnel d’un projet présenté comme l’un des plus importants chantiers environnementaux engagés par la métropole, nécessitant un investissement record d’environ 15 milliards de dirhams.
Une concession de 33,5 ans
Le contrat du futur CEV a été attribué à un consortium réunissant le groupe marocain Nareva, le japonais Itochu et le groupe helvético-japonais Kanadevia Inova, chef de file du consortium. La concession s’étend sur 33,5 ans, construction comprise.
La société Al Beida Clean Power est appelée à porter l’exploitation du futur site. Itochu doit notamment participer à son capital à travers sa filiale britannique I-Environment Investments Ltd.
Deux accords d’achat d’électricité ont également été conclus avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et la Société régionale multiservices Casablanca-Settat (SRM), permettant de sécuriser les débouchés de la production électrique du futur complexe.
Le projet vise à traiter environ 1,5 million de tonnes de déchets solides municipaux par an produits dans la métropole. Leur valorisation énergétique doit permettre de produire environ 115 MW d’électricité. Le dispositif sera complété par une centrale de biogaz de 4 MW, exploitant le méthane issu des décharges, ainsi qu’une centrale solaire de 50 MW. La production cumulée doit ainsi couvrir les besoins électriques d’environ un million de personnes.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la convention de mandat approuvée le 17 août. «Casablanca Baïa» sera chargée d’agir au nom et pour le compte de la commune pour assurer le suivi du contrat de gestion déléguée.
Ses missions couvrent notamment la supervision technique des travaux de réalisation du CEV, le suivi et le contrôle du contrat pendant toute sa durée.
La SDL devra également mettre en place et gérer une unité de contrôle et de suivi. Celle-ci sera chargée de vérifier sur le terrain la réalisation effective des travaux et des services et leur conformité aux dispositions du contrat.
Un mécanisme financier encadré
La convention prévoit un mécanisme spécifique pour financer les missions de contrôle et de suivi. Les ressources destinées à cette unité proviendront notamment du délégataire.
Elles correspondront à 0,5% du montant des investissements hors taxes consacrés à la réalisation du centre durant la phase de construction, puis à 1% du chiffre d’affaires annuel hors taxes lié à l’exploitation du centre et aux redevances d’élimination des déchets.
Les sommes seront versées sur un compte bancaire dédié ouvert par «Casablanca Baïa» auprès de la Trésorerie générale du Royaume.
La convention prévoit également que la commune transfère à «Casablanca Baïa» les subventions correspondant au programme d’investissement contractuel. Selon les projections financières annexées, ces subventions atteignent 1,456 milliard de dirhams sur les quatre premières années.
Le calendrier prévoit 208 millions de dirhams la première année, puis 416 millions de dirhams par an durant les trois années suivantes.
La commune devra également transférer les redevances d’élimination des déchets selon un calendrier d’avances fixé par la convention. Pour les années suivant la première année du contrat, les versements sont répartis en trois tranches de 30%, 30% et 40%, respectivement avant la fin février, la fin juin et la fin septembre.
Les projections financières font ressortir un montant cumulé de 25,26 milliards de dirhams TTC de redevances d’élimination des déchets sur la période couverte par le contrat.

Le futur CEV doit permettre à Casablanca de sortir progressivement du modèle actuel reposant principalement sur l’enfouissement. Le projet prévoit en effet la valorisation énergétique des déchets, parallèlement à la gestion du passif environnemental de Médiouna, avec l’exploitation, la fermeture et la réhabilitation des décharges existantes ainsi que la création de nouveaux sites d’enfouissement contrôlés.
Les travaux devraient démarrer avant la fin de l’année, une fois le montage financier finalisé, pour une durée de construction estimée à environ trois ans et demi. La mise en service complète est attendue à la mi-2030.



