La région de Casablanca-Settat, qui demeure le principal moteur économique du Royaume avec plus de 32% du produit intérieur brut national en 2023, amorce une nouvelle phase de son développement en misant sur des infrastructures durables et des mécanismes de financement innovants. «Cette dynamique vient d’être renforcée par l’engagement de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, qui a officialisé un investissement majeur destiné à accompagner la modernisation de la région tout en soutenant l’émergence d’un marché financier territorial au Maroc», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 20 mai.
L’institution financière internationale a annoncé une participation de 400 millions de dirhams à travers la souscription d’une obligation senior non garantie libellée en monnaie locale. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un placement privé pouvant atteindre un montant global d’un milliard de dirhams, soit environ 93 millions d’euros. Au-delà de sa portée financière, cette initiative marque une étape inédite dans l’histoire des collectivités territoriales marocaines, puisqu’il s’agit de la première émission obligataire réalisée par une région au Maroc.
En se positionnant comme investisseur de référence dans cette opération, la BERD entend contribuer à la structuration d’un véritable marché obligataire destiné aux collectivités locales. «L’objectif est de permettre aux régions marocaines de diversifier leurs sources de financement afin d’accélérer la réalisation de projets structurants, tout en renforçant leur autonomie budgétaire et leur capacité d’investissement», lit-on dans L’Economiste.
Le projet bénéficie également d’un appui international complémentaire. Les Pays-Bas ont mobilisé une subvention de deux millions d’euros dans le cadre du Partenariat à fort impact pour l’action climatique, connu sous l’acronyme HIPCA. Cette enveloppe servira principalement à financer une assistance technique visant à améliorer la gouvernance régionale et la performance des projets. Elle permettra notamment la réalisation d’études consacrées aux questions de genre et d’inclusion sociale, ainsi que la mise en œuvre d’un plan d’amélioration des performances financières et opérationnelles de la région.
L’initiative s’inscrit dans une logique de développement durable et de résilience climatique. Classé en catégorie B sur le plan environnemental et social, le projet répond aux exigences de l’Accord de Paris en matière d’atténuation des effets du changement climatique et d’adaptation aux nouveaux enjeux environnementaux. La conduite opérationnelle des différents chantiers sera assurée par l’Agence régionale d’exécution des projets, chargée de coordonner les aspects techniques et de veiller au respect des engagements pris.
Les responsables du programme assurent qu’aucun déplacement de population n’est prévu dans le cadre des travaux. Un Plan d’action environnemental et social a toutefois été validé afin d’encadrer l’ensemble des interventions sur le terrain. Ce dispositif prévoit des mesures strictes concernant la gestion des déchets, la limitation des émissions de poussière, ainsi que la protection des travailleurs, en particulier dans les zones semi-rurales concernées par les futurs aménagements. Des mécanismes spécifiques ont également été intégrés pour prévenir les risques de violences et de harcèlement à caractère sexiste sur les chantiers.
À travers cette opération, la région de Casablanca-Settat affiche clairement ses ambitions. Déjà considérée comme le cœur industriel et économique du pays, elle cherche désormais à se positionner comme un laboratoire national de la transition écologique et de la gouvernance financière territoriale. Cette nouvelle orientation pourrait ouvrir la voie à d’autres régions marocaines désireuses d’explorer des modes de financement alternatifs pour accompagner leur développement et répondre aux défis économiques et climatiques des prochaines décennies.



