Le Conseil de la concurrence a publié une nouvelle note couvrant la période du 16 mars au 1er avril 2026, analysant l’évolution des prix des carburants au Maroc en lien avec les fluctuations des marchés internationaux. «Cette étude, qui fait suite à une première analyse portant sur la première quinzaine de mars, met en lumière une transmission inégale des hausses selon les produits», relève le magazine Finances News Hebdo.
Sur cette période, le Conseil observe une accélération des prix des produits pétroliers raffinés sur le marché du Nord-Ouest européen, principal référentiel pour les importations marocaines. L’objectif reste d’évaluer dans quelle mesure ces variations se répercutent sur les prix à la pompe.
Pour le gasoil, les cotations CIF (Cost, Insurance and Freight, désignant le prix d’un produit à l’importation, incluant son coût de base, l’assurance et le fret maritime jusqu’au port de destination) ont augmenté de 2,18 dirhams par litre entre le 16 mars et le 1er avril, tandis que les prix de vente toutes taxes comprises (TTC) ont progressé de 1,72 dirham par litre. Lors de la quinzaine précédente, l’écart était déjà marqué, avec une hausse de 2,92 dirhams à l’international contre 2,03 dirhams au niveau national. Dans les deux cas, la répercussion reste partielle, avec des taux estimés autour de 70%, puis proches de 80%.
La situation diffère pour l’essence. Sur la période récente, les cotations internationales ont augmenté d’environ 1,37 dirham par litre, alors que les prix à la pompe ont progressé davantage, à hauteur de 1,53 dirham. Une tendance similaire avait été observée lors de la première moitié de mars, où la hausse locale dépassait également celle des marchés internationaux. «Pour ce produit, la transmission apparaît plus que complète», note le Conseil.
Pour expliquer cette asymétrie, l’institution avance l’hypothèse d’un ajustement entre produits. Les opérateurs pourraient compenser la répercussion incomplète sur le gasoil par une hausse plus marquée sur l’essence. «Cette lecture reste toutefois nuancée, dans la mesure où l’essence ne représente qu’une part limitée du chiffre d’affaires global du secteur, largement dominé par le gasoil», précise le rapport.
Sur l’ensemble du mois, le décalage cumulé atteint un niveau négatif pour le gasoil, confirmant une transmission incomplète des hausses, même si celle-ci tend à s’améliorer en fin de période. À l’inverse, l’essence enregistre un écart positif, traduisant une répercussion supérieure aux évolutions internationales.
Sur le plan concurrentiel, le Conseil indique n’avoir identifié «aucune pratique anticoncurrentielle». Il relève cependant une certaine homogénéité dans les comportements des opérateurs, notamment en ce qui concerne les dates de révision des prix et l’ampleur des ajustements, souvent similaires. «Cette situation limite la flexibilité du marché et peut freiner une adaptation plus fine aux variations des coûts d’approvisionnement», estime l’institution.
Ce fonctionnement s’explique en partie par l’héritage de l’ancien système réglementé, où les ajustements intervenaient de manière régulière, généralement deux fois par mois. «Dans un marché désormais libéralisé, ces pratiques gagneraient à évoluer, en tenant davantage compte des spécificités propres à chaque acteur», souligne le Conseil. Une adaptation qui permettrait de mieux refléter les conditions d’achat, la gestion des stocks ou encore les stratégies commerciales des différents opérateurs.




