Le chantier de l’État social franchit un cap décisif avec la volonté d’ancrer l’inclusion économique au cœur de la politique de soutien social. «Alors que l’aide sociale directe s’est d’abord affirmée comme un filet de sécurité indispensable pour les ménages les plus vulnérables, les pouvoirs publics entendent désormais transformer ce soutien financier provisoire en un tremplin durable vers l’emploi et l’autonomie», écrit le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 5 août.
En répondant aux interrogations de la députée Aziza Boujrida, du groupe parlementaire du Mouvement populaire, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaâ, a rappelé avec clarté la vision stratégique du gouvernement: le soutien financier ne constitue pas une fin en soi, mais un mécanisme transitoire destiné à émanciper les bénéficiaires et à favoriser leur pleine insertion dans le tissu productif national.
Cette réorientation s’appuie sur une réalité de terrain mise en lumière par les études de l’Agence nationale du soutien social. Les enquêtes révèlent, en effet, une forte aspiration des bénéficiaires à réintégrer le marché du travail ou à créer leurs propres activités génératrices de revenus. Pour encourager cet élan sans pénaliser les ménages, un dispositif d’accompagnement innovant prévoit une prime exceptionnelle pour toute famille perdant son droit à l’aide à la suite de la déclaration d’une activité salariée auprès de la CNSS. «L’objectif est de lever les freins psychologiques et financiers liés au passage vers l’emploi formel, en garantissant une transition en douceur, sans rupture brutale de revenus», note L’Economiste.
Sur le plan opérationnel, l’antenne territoriale de l’Agence à El Jadida, en service depuis la fin de l’année 2025, fait office de véritable laboratoire d’innovation sociale. C’est là que sont élaborés et testés, en collaboration avec des experts internationaux, les outils d’accompagnement et d’évaluation articulés autour de deux piliers majeurs: l’emploi et l’éducation. En parallèle, l’Agence se dote d’une plateforme géodécisionnelle avancée afin d’affiner le ciblage des politiques publiques et de suivre au plus près les dynamiques territoriales.
Le plan d’action à venir déploie des mesures concrètes et ciblées pour chaque étape de la vie. «Pour la petite enfance, un programme vise à accompagner les mères dès la grossesse avec des allocations dédiées, s’élevant à 1.800 dirhams pour une première maternité et à 1.200 dirhams pour la seconde, complétées par une indemnité mensuelle de 100 dirhams durant les deux premières années afin de couvrir les soins de santé et la nutrition», soulugne L’Economiste.
Du côté de l’insertion professionnelle, l’initiative pilote «Pass Inclusion» permettra d’accompagner près de 3.000 personnes vers un emploi déclaré grâce à des primes à l’embauche, des solutions de garde d’enfants et un suivi individualisé. Enfin, pour prévenir le décrochage scolaire en milieu rural, le dispositif «Tous à l’école» offrira une bourse mensuelle de 100 dirhams à 2.500 enfants ciblés lors des étapes clés de leur scolarité, en s’appuyant sur la plateforme Massar et un suivi rapproché afin de favoriser l’autonomie des générations futures.




