Au commencement de la seconde année de mise en œuvre de l’aide sociale directe, «les grandes lignes d’une mutation souhaitée par l’État se dessinent avec une netteté croissante», écrit Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 22 juin. En effet, selon le quotidien, «au-delà du simple transfert monétaire, les données fournies par l’Agence nationale du soutien social (ANSS) témoignent d’une inflexion significative: la protection sociale s’oriente résolument vers l’investissement dans le capital humain et l’élargissement des perspectives d’insertion économique et sociale des bénéficiaires».
Selon des estimations statistiques cumulées arrêtées à fin 2025, que relaie Al Ahdath Al Maghribia, «le programme a mobilisé une enveloppe globale de 51 milliards de dirhams, au profit de près de 4 millions de ménages, dont 60% issus du monde rural», le quotidien remarquant, «dans l’architecture de cette dépense publique, la part prépondérante consacrée à la protection de l’enfance», et précisant qu’«en effet, 64,2% des fonds alloués, soit 32,7 milliards de dirhams, sont orientés vers des mesures dédiées aux risques touchant les enfants, permettant à 5,5 millions d’entre eux, issus de 2,45 millions de familles, d’en bénéficier».
Dans le même temps, explique Al Ahdath Al Maghribia, «les aides forfaitaires ont représenté un montant de 18,2 milliards de dirhams, attribué à 1,47 million de foyers». De plus, «les ménages aidés comptent également près de 1,7 million de personnes âgées, qu’elles aient perçu des allocations forfaitaires ou des aides liées à l’enfance, signe d’une couverture qui se veut intergénérationnelle». L’ANSS indique par ailleurs que «le ciblage reste l’un des piliers fondamentaux du dispositif: 84% des bénéficiaires appartiennent aux catégories pauvres ou à faibles revenus, une proportion qui atteint 93% pour les familles ayant reçu des aides en faveur de l’enfance».
Selon le quotidien, «les indicateurs de performance enregistrent quant à eux des progrès notables depuis l’entrée en vigueur du programme. Le taux d’acceptation des demandes, qui s’établissait à 45,5% au lancement en décembre 2023, est passé à 91,9% à la clôture de l’année 2025». Cette amélioration, affirme Al Ahdath Al Maghribia, traduit «une meilleure appropriation des critères d’éligibilité par les demandeurs, ainsi qu’une montée en charge des mécanismes de gestion et d’instruction».
Le quotidien ajoute que «les motifs d’inéligibilité livrent également des enseignements éclairants» puisque, «dans 61% des cas de refus, le changement de la situation sociale ou économique des familles est en cause» et précise que, «parmi ces situations, 42% résultent d’une affiliation au régime des allocations familiales consécutive à une évolution professionnelle, tandis que 19% des ménages exclus ont dépassé le seuil fixé pour l’indice socio-économique de référence». Alors même que «ces données ne permettent pas encore de mesurer avec certitude l’impact transformationnel du programme sur les conditions de vie des familles», nuance Al Ahdath Al Maghribia, «elles révèlent en revanche des dynamiques sociales et économiques palpables, qui appellent un suivi attentif et une évaluation rigoureuse».




