Quelque 51 milliards de dirhams. Tel est le montant des aides sociales directes distribuées par l’État aux couches les plus nécessiteuses. Bien que les données du rapport annuel de l’Agence nationale de soutien social (ANSS) pour l’année 2025 mettent en exergue la réussite du programme d’aides sociales, en mettant fin aux soucis financiers de nombreuses familles, il n’en reste pas moins que ce même rapport ajoute que 2,3 millions de familles attendent une intégration dans le tissu productif. Car six personnes sur dix disent préférer avoir un emploi permanent plutôt que de continuer à percevoir les aides sociales directes.
C’est ce qui explique, selon le quotidien Al Ahdath dans son édition du mercredi 10 juin, que l’ANSS a récemment inauguré, dans la province d’El Jadida, une nouvelle dynamique à travers l’ouverture d’une représentation territoriale pilote, qui constitue un chantier de l’État social et dont le but est de sortir de la logique des transferts financiers vers celle de la formation à l’employabilité.
L’enveloppe financière jusqu’ici distribuée par l’ANSS, soit plus de 51 milliards de dirhams, couvre la période allant de fin décembre 2023 à décembre 2025. Cette dépense globale représente 2% du produit intérieur brut du Maroc, alors que, à titre de comparaison, ce pourcentage varie entre 0,5 et 1,5 % dans les pays en voie de développement. Le Maroc est ainsi un État social leader dans son environnement régional et continental.
Ce premier rapport annuel de l’ANSS ne doit pas être lu comme un simple document chiffré étalant l’enveloppe financière débloquée et le nombre de bénéficiaires. Il va beaucoup plus loin en donnant une image grandeur nature de la réalité sociale du Maroc, qui montre, d’un côté, la réussite, pour la première fois dans l’histoire du Royaume, de l’État social à travers la mise sur pied de la plus grande infrastructure institutionnelle de base dédiée à la protection sociale et, de l’autre, la persistance de poches de précarité sociale qui se chiffrent à quelques millions de familles ayant besoin d’une aide publique organisée.
Mais ce n’est pas la généralisation des aides directes qui constitue véritablement l’enjeu. Ce qui l’est, c’est de faire sortir les familles nécessiteuses d’une situation de besoin vers un statut d’indépendance et de productivité économiques. Un objectif ambitieux et primordial inscrit au fronton du programme de l’ANSS.




