À Agadir, l’attente s’éternise. Alors que la nouvelle station de taxis a été construite pour offrir un cadre plus organisé aux voyageurs et aux chauffeurs, ses portes restent désespérément closes. En attendant son ouverture, les usagers continuent de fréquenter des points d’embarquement provisoires où les conditions d’accueil sont loin de répondre aux attentes d’une ville touristique comme Agadir.
Pour les habitants, cette situation est devenue difficilement supportable. «La situation est devenue insupportable avec ces stations provisoires qui ne répondent même pas aux conditions élémentaires de sécurité et de confort», déplore Abdellah un habitant d’Agadir. Les voyageurs doivent parfois patienter au milieu de la poussière et des gravats, exposés au soleil et, dans certains cas, contraints de s’asseoir à même le sol en attendant leur taxi.
Le problème se pose encore plus durant les périodes de fortes chaleurs. Mais l’arrivée de l’hiver risque également de compliquer davantage le quotidien des usagers. «Avec les pluies, les trajets effectués depuis la station provisoire du quartier «Battoir» deviennent un véritable cauchemar pour de nombreux citoyens», ajoute-t-il.
Au-delà des désagréments quotidiens, c’est surtout l’absence de visibilité qui alimente l’agacement des professionnels. Ces derniers espéraient voir la station entrer en service avant la Coupe d’Afrique des nations 2025, accueillie au Maroc. «Nous pensions que la station allait ouvrir ses portes avant le début de la CAN 2025, mais nous avons été surpris de constater que sa fermeture se poursuivait, sans explication claire de la part du Conseil communal», explique Jamal Sahel, président de l’Association professionnelle des propriétaires et chauffeurs de petits taxis à Agadir.
Lire aussi : Agadir: une station de taxis «anarchique» suscite la colère des professionnels et des citoyens
Selon lui, les différents échanges engagés avec les autorités et le Conseil communal n’ont pas permis de clarifier définitivement la situation. «Dans un premier temps, on nous a expliqué que l’entreprise chargée de l’aménagement n’avait pas encore livré le projet à la commune», rapporte-t-il. «Lorsque nous avons repris contact avec les mêmes interlocuteurs, il nous a ensuite été indiqué que la station avait bien été livrée au Conseil communal et que c’était désormais à lui d’en assurer l’ouverture et le lancement des services», poursuit-il.
Un changement de version qui nourrit l’incompréhension des professionnels, d’autant que la nouvelle station est, dans l’ensemble, équipée pour accueillir les différentes lignes de taxis. Plusieurs destinations y ont déjà été identifiées, notamment les provinces du Sud, Taroudant, Tiznit, Marrakech et Essaouira.
Lire aussi : Agadir: les chauffeurs de petits taxis en colère contre le conseil communal
La station doit ainsi devenir un point de départ structuré pour les grands taxis reliant Agadir à plusieurs villes et provinces du Royaume. Sur le terrain, cette organisation est particulièrement attendue par les chauffeurs, dont le nombre dépasse les 300, mais aussi par les voyageurs qui empruntent quotidiennement ces lignes.
Quelques réserves subsistent toutefois concernant les équipements sanitaires. «Les sanitaires prévus ne nous semblent pas suffisants pour absorber le nombre de personnes qui fréquenteront quotidiennement la station», estime Jamal Sahel. Avec plusieurs centaines de chauffeurs auxquels s’ajoutent les voyageurs, le risque d’engorgement est, selon lui, réel.
Lire aussi : Transport à Agadir: le calvaire sans fin des usagers de grands taxis
«Nous craignons de voir apparaître de nouvelles files d’attente au niveau des sanitaires, avec également un risque de détérioration rapide des équipements», ajoute le représentant des professionnels, qui estime que ces aspects auraient dû être davantage pris en compte.
Pour les professionnels, le retard ne peut plus être justifié par les seuls délais techniques. Ils pointent désormais directement la responsabilité du Conseil communal d’Agadir, dirigé par une majorité issue notamment du Rassemblement national des indépendants (RNI).
«Nous demandons simplement à savoir quand cette station ouvrira enfin ses portes et pourquoi un équipement construit depuis près d’un an reste toujours fermé», insiste Jamal Sahel. Une attente qui se prolonge et qui, sur le terrain, se traduit chaque jour par des voyageurs exposés aux conditions précaires des stations provisoires et des chauffeurs contraints d’y exercer leur activité. «Ce projet a suffisamment attendu. Nous voulons désormais une date claire et une ouverture effective», conclut-il.




