Tanger: à la galerie Art Tingis, un siècle de Maroc se raconte en photographies

L'exposition Back to Morocco jusqu'au 30 août à la galerie Art Tingis. (S.Kadry/Le360)

Le 05/07/2026 à 09h32

VidéoJusqu’au 30 août, la galerie Art Tingis expose à Tanger d’anciens tirages argentiques signés Jacques Belin et Bernard Rouget, témoins d’un Maroc photographié dès les années 40. Son directeur, Yann Tribes, raconte à Le360 l’histoire de cette collection unique, entre expéditions européennes du siècle dernier et souvenirs d’enfance des visiteurs marocains.

La galerie Art Tingis accueille jusqu’au 30 août l’exposition «Back to Morocco» présenté dans le cadre du festival Photo Tanger. Yann Tribes, directeur de la galerie, se dit ravi de participer à ce festival qu’il qualifie de premier du genre.

Sa galerie compte parmi les seules à présenter des photos anciennes retraçant l’histoire du Maroc. Elle expose notamment des photos de Jacques Belin sur différentes régions du Maroc datant des années 40 et 50. Ce sont des tirages originaux donc argentiques. À l’étage sont présentées des photos de formats plus importants de Bernard Rouget, issues de la collection personnelle du directeur qu’il choisit d’afficher pour le public.

Sur la manière dont il constitue sa collection, Yann Tribes explique: «Les gens me connaissent et quand ils ont des photos anciennes à vendre, ils viennent me voir.» Il ajoute qu’on l’a même récemment trouvé sur internet pour lui proposer tout un lot de photos. Des marchands et des antiquaires le contactent également car ils savent qu’il est spécialisé sur ce type de photographie.

Le directeur rappelle le contexte historique de ces clichés. Venir au Maroc représentait à l’époque une grande expédition. Les photographes avaient besoin de prendre des photos pour montrer en Europe la beauté des paysages et la vie sur place. Dans les années 50, cette pratique restait réservée à une certaine élite car elle coûtait cher. Jacques Belin travaillait pour l’ambassade de France tandis que Bernard Rouget travaillait pour Paris Match. Il précise: «À l’époque c’était pour montrer le Maroc.»

Concernant les acheteurs de ces photos anciennes, Yann Tribes indique qu’on compte beaucoup d’Européens et des personnes originaires de Casablanca et de Marrakech. Il note que cela leur rappelle leur enfance.

Côté prix, une photo de tirage d’époque coûte 1.800 dirhams tandis qu’un plus grand format de photo du XIXème siècle coûte 2.800 dirhams.

Par Qods Chabâa et Said Kadry
Le 05/07/2026 à 09h32