Dans le cadre du festival Photo Tanger, le réalisateur et photographe marocain Daoud Aoulad-Syad a dévoilé à la galerie Delacroix de Tanger une partie de ses archives secrètes, exposant pour la première fois des œuvres photographiques rares capturées en 1981 à Marrakech, dont la plupart n’ont jamais été montrées au public.
Tenu le jeudi 18 juin 2026, le vernissage s’est transformé en une véritable immersion visuelle et intellectuelle, transportant un public d’artistes, de critiques et d’intellectuels dans le Maroc d’antan, tout en interrogeant les mutations du temps à travers un objectif qui dépasse la simple documentation.
Le vernissage a été marqué par la présence d’un grand nombre d’écrivains et de créateurs qui suivent le parcours singulier d’Aoulad-Syad depuis les années 1980. Il est considéré comme l’un des pionniers les plus influents de l’expérimentation artistique au Maroc, tant dans le domaine de la photographie que du cinéma.
Cette exposition marque une nouvelle étape dans la vie de l’artiste, qui se consacre désormais à rouvrir ses archives visuelles riches en images, en rencontres et en figures emblématiques. Ces photographies, restées confidentielles pendant des décennies, sortent enfin de l’ombre pour révéler des fragments de vie saisis dans le vif de la réalité.
Dans une interview avec Le360, Daoud Aoulad-Syad a déclaré qu’il vivait toujours dans le passé. Il a également confié que plusieurs des œuvres présentées lui étaient restées inconnues jusqu’alors et qu’il les découvrait lui-même à l’occasion de cette exposition.
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La valeur philosophique et esthétique de cette collection réside dans la fidélité absolue de l’artiste au concept de «mémoire structurelle». Les clichés exhalent l’odeur du patrimoine et le murmure de l’histoire qui parcourt Marrakech, transfigurant la cité en une ville iconique presque intemporelle. Loin de succomber à une nostalgie stérile, Daoud Aoulad-Syad déconstruit le réel et saisit des instants d’humanité suspendus, offrant au public un voyage captivant entre vérité historique et fiction photographique.
Daoud Aoulad-Syad a souligné la nécessité de préserver la mémoire des lieux malgré les transformations qu’ils ont connues. «Le Marrakech que j’ai connu, celui dans lequel j’ai grandi et qui a façonné mon regard, n’existe plus aujourd’hui. Revenir sur les traces de ce Marrakech est donc essentiel», a-t-il déclaré.
L’artiste est également revenu sur l’origine de son engagement en faveur du patrimoine. «J’étais enseignant-chercheur en sciences physiques. Lorsque je suis parti en France, j’ai été frappé par l’attention portée au patrimoine: la manière dont il était valorisé, entretenu et restauré. J’ai vécu dans cet environnement et je me suis alors promis qu’à mon retour au Maroc, je consacrerais une part importante de ma vie à travailler sur cette mémoire. C’est ce que j’ai tenté de faire à travers la photographie et les différentes œuvres que j’ai réalisées au fil des années», a-t-il expliqué.
Conçue par le MACAAL et produite par la Fondation de l’Institut français du Maroc, l’exposition se poursuit jusqu’au 31 août à la Galerie Delacroix de Tanger.




