Paléontologie: découverte au Maroc des plus anciens fossiles d’ankylosaure connus au monde

La reconstitution de Spicomellus afer. (Crédit: Matthew Dempsey)

Une nouvelle découverte au cœur du Moyen Atlas, au Maroc, a fait la lumière sur les spécificités des ankylosaures, ces herbivores dont le corps était recouvert d’épines caudales.

Le 19/04/2026 à 16h36

Le Moyen Atlas n’a pas encore livré tous ses secrets, pour preuve cette nouvelle découverte réalisée par une équipe internationale de paléontologues et de géologues du Royaume-Uni, du Maroc et des États-Unis dans le cadre d’une étroite collaboration internationale.

Il s’agit en l’occurrence, selon un article paru dans The Conversation, de restes d’un dinosaure très particulier, qui appartenait au groupe des ankylosaures, des herbivores dont le corps était recouvert de plaques osseuses. Les fossiles ont été préparés, conservés et étudiés au Département de géologie de la Faculté des sciences Dhar El Mahraz de Fès, grâce à du matériel fourni par le Fonds de stratégie et de partenariat international de Research England de l’Université de Birmingham. Un soutien complémentaire a été apporté par l’Institut britannique d’études libyennes et nord-africaines, le Fonds d’investissement scientifique du Musée d’histoire naturelle et le Fonds de partenariats scientifiques internationaux de l’Université de Birmingham.

Les fossiles découverts au Maroc révèlent un dinosaure lourdement cuirassé dont le corps est orné de pointes caractéristiques orientées vers l’extérieur, et sont aujourd’hui considérés comme les plus anciens restes d’ankylosaure connus au monde, explique-t-on.

L’espèce en question vivait il y a environ 165 millions d’années et se nomme Spicomellus afer, littéralement «dinosaure cuirassé à pointes d’Afrique», décrite pour la première fois en 2021 à partir d’une unique côte découverte sur le même site au Maroc.

À l’époque, explique l’équipe qui a réalisé les fouilles, cette découverte était extraordinaire en raison de la rareté des fossiles d’ankylosaures du Jurassique moyen, datant d’environ 165 millions d’années. Si cette côte, aujourd’hui conservée au Musée d’histoire naturelle de Londres, représentait le plus ancien témoignage de ce groupe de dinosaures, les nouveaux fossiles apportent un éclairage nouveau sur l’anatomie de ce remarquable dinosaure. Parmi les pièces maîtresses de cette découverte figurent ainsi des côtes hérissées de pointes mesurant près d’un mètre de long, un demi-anneau cervical et des fragments d’os pelviens.

Ces fossiles révèlent ainsi que cet ankylosaure était recouvert de pointes et que celles-ci ne faisaient pas simplement partie de son revêtement externe, mais étaient directement soudées à son squelette. Enfin, cette nouvelle découverte prouve également que les armes caudales caractéristiques des ankylosaures sont apparues bien plus tôt que les scientifiques ne le pensaient et que ces véritables armures auraient pu avoir une double fonction au début de l’histoire évolutive du groupe: servir de bouclier défensif et de moyen d’apparat servant à la parade ou à la communication sociale.

Au sujet de cette découverte, les scientifiques expliquent qu’elle a été réalisée dans des sites se situant à environ 150 km au sud de Fès, près de Boulemane, à près de 1.900 mètres d’altitude. «Au-delà de la ville, des pistes de montagne escarpées mènent aux affleurements de grès rouge, et l’accès final nécessite souvent de traverser des pentes abruptes et accidentées. Le soleil intense, les vents violents et la neige hivernale rendent le travail de terrain difficile. Ainsi, chaque fossile découvert témoigne à la fois de son importance scientifique et des efforts considérables déployés pour atteindre ces lieux reculés», explique l’équipe de recherche dans The Conversation.

Et de préciser que «cette région était autrefois un milieu marin marginal, avec des rivières, des plaines inondables et peut-être des zones côtières sous un climat chaud. Ces conditions ont façonné à la fois l’habitat des dinosaures et la conservation de leurs restes».

Par La Rédaction
Le 19/04/2026 à 16h36