Mawazine 2026: ElGrande Toto et Morad signent une clôture explosive au stade Moulay Abdellah

Elgrande Toto et Morad lors de la cloture de la 21e édition de Mawazine au stade Moulay Abdellah de Rabat. (S.Bouchrit/Le360)

Le 28/06/2026 à 16h51

VidéoIl y a des concerts qui marquent une édition. Et puis il y a ceux qui s’inscrivent dans l’histoire d’un festival. Samedi soir, le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat a vécu l’un de ces moments rares. Devant une foule en transe, ElGrande Toto et Morad ont transformé l’enceinte sportive en gigantesque arène du rap, signant l’un des shows les plus spectaculaires jamais vus à Mawazine.

Depuis plusieurs années, ElGrande Toto s’est imposé comme la figure de proue du rap marocain. Premier artiste marocain à remplir les plus grandes salles du Royaume et à s’exporter à l’international, le Casablancais de Benjdia a contribué à faire entrer le rap national dans une nouvelle dimension. Face à lui, Morad, star incontournable de la scène urbaine espagnole, issu du quartier populaire de La Florida, à Barcelone, et originaire de Larache, cumule des centaines de millions d’écoutes et s’est imposé comme l’une des voix les plus influentes du rap hispanophone.

Dès les premières notes, l’ambiance est montée d’un cran. «Bouhali», «Blue Love», «Diplomatico», «Mghayer», «Pablo» ou encore «Smou7at»: autant de titres devenus cultes qui ont été repris en chœur par un public survolté. Pendant plus d’une heure et demie, ElGrande Toto a enchaîné les succès dans une mise en scène particulièrement soignée. DJ, musiciens, pianistes, danseurs internationaux... l’artiste avait vu les choses en grand. Si beaucoup pensaient que le rappeur avait déjà atteint un sommet lors de son précédent passage à Mawazine, il a cette fois encore repoussé les limites du spectacle, proposant un show high level.

La soirée a ensuite pris une nouvelle tournure avec l’arrivée de Morad quelques instants plus tard. Accueilli comme une véritable star, le rappeur maroco-espagnol a immédiatement fait vibrer le stade avec son tube «Normal», avant d’enchaîner avec «Contento», «Soñar», «Cómo Están», «Seya», «La Streat» et plusieurs de ses plus grands succès.

L’un des moments les plus marquants de son passage restera sans doute la diffusion surprise d’un message vidéo d’Achraf Hakimi. Le capitaine des Lions de l’Atlas a invité les spectateurs à profiter pleinement du concert de son meilleur ami. Un clin d’œil apprécié par le public, alors que Morad arborait lui-même un maillot de l’équipe nationale floqué au nom d’Achraf.

Les surprises ne se sont pas arrêtées là. Le public a également découvert en exclusivité un titre interprété avec Draganov, venu rejoindre Morad sur scène. Quelques instants plus tard, ElGrande Toto a fait son retour pour partager les derniers moments de ce concert exceptionnel, sous les acclamations d’un stade entièrement acquis à leur cause.

À l’issue du spectacle, ElGrande Toto est revenu sur cette nouvelle démonstration de force. Pour lui, cette réussite est avant tout le fruit d’une passion intacte pour le rap marocain. «C’est l’amour du hip-hop, l’amour du rap marocain. On aime ce qu’on fait. C’est l’amour des fans qui nous donne, et nous aussi, on leur redonne en retour», déclare le rappeur. «Depuis 2017, on se bat. Il y a des années, j’aurais à peine cru chanter dans un stade comme celui-ci. Aujourd’hui, cela fait dix ans de carrière et ce n’est encore que le début», assure-t-il.

«L’année dernière, on a montré que le message était bien passé: donner de la force au rap marocain et aux artistes locaux. Voir aujourd’hui des noms comme Draganov ou Gustavo sur de telles scènes, c’est exactement pour cela qu’on s’est battus. Le rap marocain est un art au même titre que les autres», insiste-t-il.

Concernant l’importante affluence enregistrée ce soir-là, ElGrande Toto dit ne pas avoir été surpris. «Franchement, je m’y attendais», lance-t-il, confiant. «Tout à l’heure encore, avec l’équipe, on regardait les ventes. Il ne restait que sept tickets avant le sold out final. Mais tout cela vient après beaucoup de travail et de sacrifices. Je dis souvent que c’est 30% de talent et 70% de travail», rappelle Toto.

«Nous avons été plus de quarante personnes aujourd’hui entre les musiciens, les danseurs et toute l’organisation. Rien de tout cela ne serait possible sans eux», reconnaît-il.

Enfin, celui qui est devenu une source d’inspiration pour toute une génération a adressé un message aux jeunes qui suivent son parcours. «Qu’ils croient en eux. Tout est possible et il n’y a aucune limite. Il faut viser la lune pour au moins atteindre la couche d’ozone», conseille-t-il, avant de conclure qu’«il faut connaître sa valeur, savoir où l’on va, ne pas se croire déjà arrivé mais ne jamais minimiser ce que l’on est déjà».

Par Ryme Bousfiha et Saïd Bouchrit
Le 28/06/2026 à 16h51